lundi 8 décembre 2014

COIFFÉ AU POTEAU

Paraît que les contraires s'attirent, qu'il n'y a que les montagnes qui se rencontrent pas, que le hasard fait bien les choses et que le rugby est un sport de voyous joué par des gentlemens... Bon d'accord, je m'incline devant le destin, m'agenouille devant qui vous voulez ( pour des dévotions qui sont bien de chez nous !* ) mais je mange mon chapeau quand même...
Je pensais faire mon malin en tartinant sur vos croûtons quelques réflexions bien senties sur ce bon vieux Jeff Koons... Ces klebbards en inox et ses singes en érection... Ça aurait eu de la gueule... Vous m'connaissez,  je m'économise jamais quand il s'agit de transmettre la bonne parole... Je suis comme ça, toujours sur la brèche...
Et voilà que ce matin après avoir secoué ses orteils et frotté mes oreilles, jm'en vais comme d'hab jeter un oeil sur le " Fermoir " et non d'un chat écrasé voilà que notre Droopy National s'est emparé du sujet ( mauvais et pas repenti !* ). J'en suis resté tout chafouin... Failli avaler mon marc de café qui me sert pourtant bien pour voir mon avenir... Je l'avais pourtant mis au fond d'ma besace le Jeff... Depuis l'expo de Versailles et cette pètasse qu'avait fait du fouin, passeque l'art  na na na... Et na... na.. na... Que je sache la Mona s'était fendue la poire quand le Marcel l'avait affublé d'une moustache... Y'avait bien qu'elle vous m'direz... Toujours ces pisses-vinaigres qui nous chagrinent l'existence... Vive le zouave du Pont d'l'Alma non de dieu ! ( Pardon je m'emporte... ).
Bon, j'ai pas tout compris vu que c'est de l'anglisch et que je ne parle que le patois du nord de l'Ile aux enfants, et encore quand j'ai trop picolé...
N'empêche y m'a coiffé au poteau comme hier, Rossinante Vingt-quatre dans la cinquième...
J'me mets dare-dare à vous bafouiller quelques impressions sur Edward Hopper... Faudrait pas qu'il me prenne ma place de parking le poteau...
* Qui vous savez.

dimanche 7 décembre 2014

UN AVANTAGE **

Tous les matins, je vais chercher mon vin comme d'autres achètent le journal local ou grattent l'attrape-fortune chez Robert le buraliste. Je connais la tôlière. Elle aussi me connaît. On se retrouve souvent tous les deux dans le grand magasin encore vide comme deux moinillons aux matines... Bien que je ne sois pas sûr qu'aujourd'hui les curetons viennent si tôt s'escaguacer les genoux sous la croix du pti'it défroqué... Les soutanes, kippas et autres turbans c'est plus ce que c'était... Constatez par vous-même...  Quand je sors mon billet de cinq, elle a déjà préparé la monnaie, et si je fais l'appoint comme les vieux du village ou que je rajoute un fromage, elle fait un peu la trogne d'avoir été dérangée dans ses habitudes...
On ne parle jamais du temps qu'il fait, ni de la neige qui s'approche à gros flocons, encore moins des gens de la politique ou de Madame Bobinneau qu'a encore oublié son parapluie... Non. On se salue simplement... Bonjour et Bonne Journée ça suffit.
Elle n'est pas du genre sous prétexte qu'on a rencard à l'aurore a me raconter sa vie... Moi non plus, d'ailleurs...
C'est un gros avantage entre nous.
** Journal Confus.

vendredi 5 décembre 2014

PETITE FLEUR

Fait sombre. Un restant d'hiver à choper une bronchite... Un type en dufflecoat - le vrai, celui avec les boutons en bois que quand tu souffles dedans ça fait sifflet - arpente la rue en faisant gaffe aux flaques et aux tacots pressés qui t'aspergent comme des vauriens... Il va d'un pas tranquille vers Les Lumières de la Ville, là où se joue une partie de l'humanité... Il lèverait bien la patte comme le premier clebbard venu sous les réverbères, parce que ce foutu temps lui donne une envie de pisser comme on en a pas vu depuis le déluge, mais les pèlerines sont aux aguets à se geler les glaouis pour la République, et il flaire la colère sous leurs grosses moustaches... Prudence... Prudence... Il allume une gauloise bleue devant le cabaret " La Cuisse Joyeuse " où dit-on, dans le passé,  un acteur célèbre venait se rincer l'oeil et faire pèter des roteuses avec des Russes Blancs qui noyaient la Volga dans des litres de Vodka et de nostalgie...
Voilà que devant le numéro vingt-quatre - Il marche côté pair de la rue pour ne pas faire d'impair - un barouf lui tire l'oreille vers l'étage où des ombres même pas chinoises s'agitent en cadence...
Il reconnaît la zique qui serine en douce... Frottis frottas... Y'a du langoureux dans la cambuse qui oscille doucement...
Sydnet Bechet joue " Petite Fleur ".
De l'autre côté de l'Atlantique, Johnny Cash entame une tournée avec Elvis, Jerry et June Carter... Tout commence et ce n'est pas fini...
Mars 1954.

jeudi 4 décembre 2014

DE QUOI J'ME MELE...

Clarence Clemons était un ours noir empaqueté dans des costards improbables qui faisait le zouave aux côtés de notre Bruce National. Il soufflait comme un damné absous de tous ses péchés et conduisait la loco du E Street Band en se fendant la poire...
Bobby Keys faisait plutôt dans le phoque gris de Terre-Neuve, qui envoyait le son pour fermer le clapet de la jouvencelle Mick et rugissait après la strato de Vieux Keith...
Ces deux-là ne faisaient dans le boys band de salon... Fallait faire chauffer la colle quand tu roulais pour ces machines à déboiter le tempo... Pas de triolets ou franfreluches pour " embellir " la zique... Ces gros machins débordaient de partout, faisaient cramer les paillettes le temps de quelques solos accrochés à la partoche... Et ça faisait vite des incendies dans la pampa...
Clarens a calanché en 2O11 et Bobby vient de ranger son sax. Je doute que ces deux zèbres trouvent leur place chez les Jazzeux de luxe qu'on investi la salle de bal depuis longtemps, mais qu'un petit boeuf se mette en place et soyez-en sûr, ces deux-là en seront...

mercredi 3 décembre 2014

FAITS D'HIVER

Je mes ai croisé ce matin. Je venais de mettre mon enveloppe dans la boite et je pensais à Brazil du vieux Terry... J'imaginais le cheminement de ce bout de papier glissé entre deux feuilles blanches qui partait pour un autre monde... Manipulé, tripatouillé par mille mains inconnues, scanné par des machines qui cliquent - cliquent, mis en tas au fond d'une corbeille qui se balade de bureaux en bureaux où des girafes en escarpins se demandent en buvant leur café si la collègue du second n'aurait pas " pris un peu "... R'heusement c'était pas une lettre d'amour. Ça me ferait chier qu'une chorégraphie langoureuse finisse en tagada-tsouin tsouin dans les pattes d'une sauterelle même pas concernée par mes émois... 
Je les ai croisé ce matin. Lui, sapé comme un mafieux sans le sou- On voyait que son costard noir ne s'appelait pas Armani et que ses pompes n'étaient pas du croco véritable - Mais propre sur lui le garçon... La pt'ite mallette à ordi et les tifs bien cirés... Sans doute un apprenti banquier, une profession libérale qu'affectionne notre Emmanuel national... Un qui croque dans son Aie Phone au pt'it déj en pensant à la petite Julie qu'a " pris un peu "... Enfin pas un gars qu'a du cambouis de la veille sous les ongles... Vous voyez quoi... Le choc des civili-zations...
Elle, petit format serrée dans le slim de circonstance, perchée sur des échasses en véritable fausse imitation de faux louboutin... On voyait bien qu'elle faisait gaffe de pas " prendre un peu " la donzelle... Footing et légumes verts... Epaisse comme un passe-lacet, moitié androgyne - peut-on être " moitié androgyne " c'est une bonne question - parfumée à Elle, Voici et Gloser, amateuse et mateuse du beau Patrick ou de l'autre buveur de caoua dont j'ai oublié le monde...
Je les ai croisé ce matin. J'ai mis ma capuche de rappeur, mes mains dans les poches, mes poches sous les yeux et j'ai changé de trottoir...
Vous auriez fait quoi à ma place... Je vous le demande...

lundi 1 décembre 2014

                                                                           Avouez                                                           ...