dimanche 9 octobre 2016

LIVRE 2

Je suis rentré dans le labo. J'ai ouvert une boite de conserve - des haricots blancs - que j'ai mangé froids debout contre l'évier en sirotant un fond de vin rouge qui mijotait dans une bouteille en plastique... Le velours de l'estomac... Le marteau-piqueur des boyaux... Les gars de ce temps-là n'étaient pas des fragiles de la sous-ventrière, je me suis dit,  en flageolant sur mes guibolles, tellement la mixture vous retournait la plastique et vous broyait les osselets...
La turne sentait le tabac froid, le vieux pet et avait le visage froissé des draps qu'on abandonne. C'était celà... Le sentiment d'abandon qui imprégnait les murs, le plancher... L'humeur des traces louches dans la cuvette des chiottes, comme celles qui fleurissent au bout des doigts des mègoteurs impénitents... Y'a belle lurette qu'on n'a pas livré bataille entre ces murs, j'ai pensé en repoussant les flux gastriques de la piquette et les relents de fayot qui, l'Oteur ne le précise pas, étaient à la saue tomate...  Les petits scribouilleurs du bas de l'échelle, ceux qui croupissent au fond de l'impasse, auraient volontiers parlé de < lumière glauque > de < teinte blafarde > ou de < suicide programmé > pour qualifier les trois ampoules qui faisaient les gros yeux globuleux au bout de leur fil. Les loupiotes faisaient pitié. Manifestement, elles dataient d''avant les " led " et autres fourberies électroniques qui encombrent notre espace nous rendent plus beaux devant la glace, et auraient fait dresser les cheveux d'un agent d'assurance consciencieux... Pas à dire, ça puait le XXe... Comme la photo du grand black frisoté, déguisé en majorette qui jaunissait sur le mur. C'était courant dans l'autre siècle de punaiser des " posters " en écoutant les blanc-becs chevelus qui écrivaient l'histoire... Je m'attendais à trouver une " Chaussette Noire " ou un " Chat Sauvage " planqués sous le pucier ou la " Moustache du Père dans son cadre en bois"...
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samedi 8 octobre 2016

INVENTAIRE.

UNE JOLIE FLEUR, FRANCE DIMANCHE, UN COW-BOY
ET UNE AMI 6 ( OU 8 ) GAREE EN DOUBLE FILE...

mardi 4 octobre 2016

VILAINE MYLENE

Sacrée Mylène !
M'a refilé son prospectus en faisant les gros yeux parce que ma vie sentait le tabac froid
et la cuisine au beurre...
" C'est tout toi çà... " a-t-elle ajouté croyant faire de l'humour...
Zlop ! Zlop ! Vilaine...

VILAINE MYLENE...

Sacrée Mylène !
Elle s'accroche... Voilà qu'elle voudrait que j'arrête les tiges de huit.
" Comme ça, tu pourra souffler tes bougies sans t'étouffer... "
C'est tout elle çà... Toujours pleine d'humour...
De toute façon, j'aime pas les annivs et les gâteaux.
Alors zlop ! zlop ! Vilaine...

lundi 3 octobre 2016

LIVRE1

Au pire, je ne suis rien. Au mieux... Pas grand-chose. Je tourne dans le gourbi comme un mafieu repenti, chassé par des tueurs en cavale. A force de faire le zouave entre les Soprano et la Camorra napolitaine celà pose un inconvénient majeur pour mes déplacements ( du sol au plafond, n'ayant plus l'âge de faire le mur ! ), et me rend prudent dans mes pérégrinations...  Etant à deux pas du seuil de pauvreté et trois enjambées de la cessation de paiement,  je n'ai guère les moyens de m'offrir des gardes du corps dignes ce ce nom. Si le garde meurt mais ne se rend pas comme il est dit dans les livres d'histoire, il faut bien admettre qu'un service de sécurité coûte un bras... Et moi, j'ai besoin de mes deux tentacules, d'une cervelle et d'idées claires pour traverser la mare aux canards. Par bonheur, je ne suis pas sous le coup d'une fatwa lancée par des barbus hystériques ( et maléfiques ! ). Le bon Mahomet a d'autres chattes à fouetter, occupé qu'il est avec ses soixante-douze vierges qui réclament la suppression des tapis de prière qui font mal aux genoux et le port du tutu pendant la fête de l'Aïd. Rien de bien nouveau dans les cieux... Le vieux Dab se prend la robe dans l'Opus Déï et les messes-basses des cathos rigoristes et Yahvé trouve que les papillottes de ses ouailles frisent le ridicule... Notre Père qui êtes aux cieux, restez'y disait le joyeux Pré-vert, et les vaches seront bien gardées que j'ajoute in petto.
Mais laissons tomber ces calembredaines théo-logiques. Y'a bien assez de fana-tiques sur la planète qui s'occupent d'enfoncer des clous et de lever les yeux au ciel. C'est sûr que du côté de la hutte des cieux, les grands manitous nous donnent pas souvent de nouvelles... Pas la moindre bafouille, le moindre i-mail, le plus petit tweet pour nous dire " Hello ! Comment ça va en bas ! Z'êtes toujours dans le caca ! Nous ça baigne ! On s'mate les séries HBO pendant que les anges font la tambouille !  On danse le quadrille avec une moitié de Beatles et le Jeannot Tant va la Cruche à l'eau nous raconte des fables... Vous pressez pas de monter, y'a plus de place ! ". Faut bien reconnaître, et c'est pas plus mal, que si les guignols du Haut-vilois décidaient de nous faire un coucou... Je vous dis pas le pastis... A coup sûr, la rouille dans la bouillabaisse prendrait des couleurs... Et nous, les mécréants, on l'aurait mauvaise si la St croix se mettait à faire des petits...

dimanche 2 octobre 2016

VOISINS...

Peut-être que l'on aurait dû prendre les animaux, les mettre dans la carriole et les emmener dans le pays où la rosée du t'it matin fait frissonner les arpions. J'aurais pris la bedaine de Jim sous le bras et tu aurais dit des gros mots parce que je cachais des fillettes de beaujolpif dans la remise... On aurait fait un nid de poils de chien et de matou, oublié le genre humain et ses experts, ses concierges et ses gourous en sandales pour mater d'un peu plus près deux escargots qui se tiraient la bourre sur la margelle du puit... On aurait réécrit l'histoire façon Pagnol, ce vieux réac, et les Pomponnettes du coin seraient venues bouffer dans la gamelle de Marius. Restés benêts le nez dans les étoiles, inquiets comme des suricates ou reptiliens pire les alligs du bayou - les politicards pouvaient toujours inviter les Gaulois ou Jehanne d'Arc dans le débat - nous aurions attendu le déluge comme les piafs le printemps.... Aux quatre coins de la prairie, les chiens poseraient leurs conditions, traceraient notre territoire. De gentils taïauts mais jaloux de leurs prérogatives, accrochant babines et crocs au froc des mal-venus, des forts en gueule et des chrétiens rigoristes... Comme d'habitude, j'aurais fait une coupe iroquois au parterre de ronces et d'orties, parce que vu du ciel, c'est joli et qu'un peu de punkitude ne nuit pas... La petite radio posée sur la table raconterait le monde comme il va entre deux pubs de lessive et une mutuelle qui réjouit la culotte du retraité...
Mais les autochtones, les " du cru ", les imbéciles heureux qui sont nés quelque part, les " pas sortis d'la cuisse de Jupiter " sont bien aussi frapadingues dans le Bas-vilois qu'ailleurs. Au carrefour de la départementale 38 et du chemin vicinal 429, celui qui conduit tout droit à l'étang, y'aura toujours un péquenot qui viendra te demander l'heure ou le temps qu'il fait...
Auguste Comte écrivait que - je cite - ( refusé ! ) " l'humanité est composée de plus de morts que de vivants ". Le bougre avait raison... Mais ceux qui restent...
Suzanne Bobinneau dans son " Histoire des voisins " rajoute cette maxime ( punaisée dans toutes les gendarmeries ) " Te moques pas de ton voisin, tu sais jamais ce qu'il peut t'arriver "...

samedi 1 octobre 2016

MOUSQUETAIRE...

- LES ANNEES PASSEES SONT DES NIDS À POUSSIERE
  QU'IL NOUS FAUT BALAYER À GRANDS COUPS
  DE RAPIERE...
- Pendant qu'il défouraille, la Baronne rit sous cape.
  Ce guignol qui ferraille
  mériterait,
 Quelques claques...





Vieille galette.