mercredi 31 mai 2017

HANNIBAL

Dans un monde idéal, je s'rais devenu général / Un corniaud avec des étoiles sur le képi de son cheval /
Dans un monde sans mystères tu s'rais devenue comme ma mère / Mon ordonnance, mon infirmière /
Qui porte la lance ou la bannière /
Mais ce monde est pourri, j'ai encore loupé le taxi / Je reste comme un con sous la pluie /
Sans amour et sans parapluie / Mais ce monde est pourri, j'ai encore loupé le taxi /
Je reste comme un con tout moisi / J'ai trouvé quelqu'un dans mon lit /
Dans un monde idéal, je s'rais devenu amiral / Corsaire, pirate ou Hannibal et t'aurais trouvé ça normal /
Dans un monde futile j'me s'rais garé en double file / Me foutant  pas mal des débiles /
Des couloirs de bus imbéciles /
J'aurais pris l'chemin le plus court pour venir te faire l'amour / Dans mon habit de général /
De couillon avec ses étoiles /
J'aurais pris l'allée des tilleuls / Pour t'effeuiller feuilles par feuilles /
Dans mon costume d'amiral qui se prenait pour Hannibal /
Dans un monde idéal, j'srais devenu carnaval, Harlequin en habit de bal / L'ote bredin et ses fleurs du mal /
Dans un monde sans combine, tu s'rais devenue Colombine / Petite fleur, manteau d'hermine /
Jolies couleurs et bonne mine /
Mais ce monde est pourri, j'ai encore loupé le taxi / Je reste comme un con sous la pluie /
Sans amour et sans parapluie . Mais ce monde est pourri, j'ai encore loupé le taxi /
Je reste comme un con tout moisi / J'ai trouvé quelqu'un dans mon lit /
Nouvel Album.
Epines de ronces.

mardi 30 mai 2017

LA VIE DES MORTS

Les morts sont tous nos cousins. Certains plus éloignés que d'autres. Ils font partie de notre famille. Cousins germains, cousins par alliance, petits cousins, que vivants, nous ne rencontrons que rarement... Lors de cérémonies funèbres ou maritales peut-être... A l'enterrement de l'Oncle Archibald ou aux noces de Jeannette, me souffle un vieux tonton... Il est curieux de constater que le peu d'espace que nous occupons durant notre vie, se transforme, une fois devenus morts,  en éternité, immuable, ou dans le meilleur des cas, en souvenirs prostrés dans le coeur des vivants. Les fins de banquets ou les déjeuners sur l'herbe évoqueront sans passion, l'arrière grand-père qui voyagea en calèche, connut des guerres et assista à la naissance du Jazz quand au cousin Jules, ce vieil ivrogne paillard, il s'accoudera toujours contre le soufflet de l'accordéon - du cousin Mathias, celui qui a fait le conservatoire, l'artiste de la famille ! - pour tripoter nos pianos à bretelles  en fredonnant une rengaine des jours passés. Les morts nous attendent sur les bancs de l'éternité, devant la porte de notre " dernière demeure ", nous aménagent par avance un petit pré carré, et quand, lassés du temps, de notre  chemise salie, pleine d'intempéries, charnelles ou non,  nous sauterons du pont, ils seront là, attentifs à bien nous recevoir... 
- Ah te voilà enfin !  On t'attendait...  Regarde, ils sont tous là...
  Manquait plus que toi...

lundi 29 mai 2017

HOSANNAH !!! ( Nanère... )

J'admets... La vue est belle, et y'a toujours une petite brise pour vous chatouiller les narines... Enfin, à la belle saison... Parce que l'hiver, je me les gèle et j'ai toujours le nez qui coule...
Papa m'avait prévenu " S'ils te mettent tout là-haut, tu choperas la crève, et tu vas t'emmerder grave. T'auras personne pour venir tailler une bavette ! Même les Cathboutins qui sentent le pet - sinistres émanations de ma prescience - feront pas l'effort de grimper la côte ( d'Adam ! Pardon ! ) ". Le Pater avait raison... Faut toujours que les croquants m'installent dans des coins pas possible qui foutent le vertige et esquintent les genoux du marcheur solitaire. Consultez vos manuels, vous verrez... Quand je pense à l'Autre qui voulait qu'on l'enterre sur la Plage de Sète pour qu'il puisse mater les jolies baigneuses... Le coquin n'avait pas tort... Je dis pas que j'ai pas fière allure sur le Corcovado, mais pour goûter aux charmes de Copacabana, je suis bien trop loin... Sans compter que si je descendais me taper un moritos sur la plage, on crierait au miracle ou à l'imposture... Alors, vous pensez... Dans ce coin perdu, je risque pas de mater un string...
Petit Jésus.
Croix des couloirs.

dimanche 28 mai 2017

JACQUERIES...


Si un jour, un petit malin vous dit qu'un Dimanche j'ai acheté des bonbecs pour Madeleine qu'attendait le tram, qui faisait la navette entre Amsterdam et les Marquises, ne le croyez pas... Le gredin aura tout inventé... Ne cherchez pas non plus comment je suis devenu C'heval, pourquoi la Fanette et Frida refusèrent de partager mon Dernier Repas...  Ce serait trop long à vous raconter...

samedi 27 mai 2017

PARANO...

1 ) Pourquoi les gens m'en voulaient-ils tant ? Pourquoi lançaient-ils des anathèmes derrière mon dos alors que je m'astreignais à traverser dans leurs clous et honorais du mieux que je pouvais, leurs manies, leurs tics, participais aux manifestations qu'ils ne se privaient pas d'organiser pour faire danser leurs nuits sans sommeil.... Je m'inclinais devant leur suffisance d'animal évolué, jouais des coudes avec eux dans la grande corrida, me retenant toutefois d'être celui qui obtiendrait la queue et les deux oreilles, deviendrait le maître à penser de la basse-cour. Je pliais le genou devant leurs idoles et leurs semaines de soldes...  Tout doit disparaître ! Je ne croyais pas trop aux bienfaits du consumérisme, mais que je sache, ce n'était pas un crime de lèse-grande surface.  Je n'avais jamais violé personne et je ne volais plus depuis longtemps ( dixit )... Je n'avais jamais volé un oeuf non plus,  encore moins un boeuf, et si j'avais par le passé,  attenté aux jours de belle-maman, il y avait prescription... Les femmes se retournaient sur mon passage, matrones corses sèches et arides, toutes de noir vêtues,  lançant des sorts à une vierge noire que je ne fréquentais plus depuis longtemps... Leurs tristes blasphèmes me rappelaient le temps - où encore jeune homme - j'avais hurlé avec les loups, sorti mon attirail et admiré des joueurs de foot, ce qui, vous en conviendrez, au regard du sidéral et de notre éphémère passage, ne sont que des broutilles, qui seraient bien vite pardonnées par le Dieu bienveillant des images pieuses, si l'on était certain que celui-ci fasse la Une du Missel et n'encombre pas trop notre façon de penser...
2 ) Pourquoi les gens écoutaient-ils ces pseudo-philosophes à la bouche haineuse, aux mots qui attisaient le feu, aux idées rances et aux frontières propres ? Ces tartuffes qui infusaient le poison dans la pensées de " l'honnête homme ". Pourquoi les médailles des pantins et leurs bottes bien cirées faisaient-elles baver les croquants ? Mystère et boules de pus...  De vrais moules-à-gaufres ! braillait le Capitaine qui sommeillait en moi... Faudrait-il, qu'un jour, les Mar-chiens nous bottent le cul, brûlent ce qu'il restait de nos villes et nos forêts pour qu'on retrouve un peu de bon sens ? Pas besoin d'extra-terrestres d'ailleurs... On étaient assez cons pour s'étriper en cadence, s'éventrer, se lyncher et s'occire ( refusés ! ) pour des idées n'ayant plus court le lendemain ( dixit ). Même quand je rasais les murs, me coulais dans le béton et le bitume, y'avait toujours un pelot pour sortir son martinet de lois, d'obligations, ses hosties neuroleptiques ( ? ), toujours près à m'enseigner la meilleure façon de marcher ( P. Dewaere ) à grands coups de slague sur les doigts... On avait bien fait quelques pas depuis la grotte de Cromagnon, mais c'était pour foutre sur la gueule de son voisin... Installé des bûchers dans sa pelouse, et s'il la ramenait trop - le voisin - lui en mettre une dans le museau, en espérant qu'il ne fasse pas alliance avec les romanichels et nous envahisse à son tour... Ouvrez votre manuel d'histoire page quatorze ( ou quinze ! ), c'est toujours comme ça... Quand Teuton Premier força Aldebert Deux à se soumettre, celui-ci avec l'aide de Bizoton Trois le bouta hors du Royaume... ( S'est pas fait chier avec les nombres l'Oteur ! ricane un malfaisant qui prépare un mauvais coup.... ).
3 ) T'es qu'un vieux ronchon, moitié parano,  m'ont dit les t'ites fées en enfilant leurs robes de bal... Elles avaient peut-être raison après tout...

vendredi 26 mai 2017

CHEZ CES GENS LA...

Ouais... Je sais, c'est encore moi...
Mais que voulez-vous, je suis la dernière de la couvée... Et le grand zinzin sur ses deux pattes vacillantes se prend pour un paparazzo sur la Croisette... Ben tiens mon con ! Tu me feras pas jouer les starlettes dans la Dolce Vita ! A mon âge... Tu me vois faire des grimaces sur le tapis rouge...Déjà qu'avec mes pattes de traviole, j'aurais du mal à monter les marches...  Je crois surtout que le vieux serin n'a plus rien à dire ! Qu'il a grillé ses derniers neurones à la terrasse du Panier Fleuri, et que c'est pas demain que vous l'entendrez chanter à nouveau... L'est complètement cuit l'ancien, bouffé par les tiques et les fourmis qui se régalent de sa carcasse pourrie... Rafistolé de tous les côtés comme l'ours en peluche d'un chiard épileptique ( ? ).
Vas-y, raconte leur quelque chose ! qu'il me souffle dans les naseaux le vilain... C'est que le lecteur , même en wik-end ( pourquoi pas ? ) prolongé, il s'impatiente... Il se languit sur son transat, le chaland... En veut pour ses sous, réclame des histoires, des bagatelles... Allez mamie ! Raconte-nous des fariboles d'Os partagées avec tes anciens compères, des culottes de facteurs abandonnées sur le bord du fossé, quand vous montriez les crocs et courriez après la bagnole du laitier... Bon c'est vrai qu'il fut un temps où nous formions un trio magnifique... Un meute qui coursait les bestioles rien que pour le plaisir - nous serait pas venu à l'idée de leur faire le moindre mal - et qui tourmentait le matou qui s'en battait les moustaches... En fait, quand j'y pense aujourd'hui, c'était lui, le greffier, le vrai chef de la bande... Il nous emmenait chasser souris et mulots, bouffait dans notre gamelle et nous refilait ses puces... Vous voyez l'engeance ! L'envoyé du Diable ! Paraît qu'à c'te heure, il est plus gras qu'un tonsuré, plus fainéant que le président Chirac en activité... Salaud de matou va ! Tu me manques quand même un peu ! Y'avait aussi Louloute, une ronchonneuse de première... Une pas commode qui avait la préférence de la patronne et qui en usait et abusait... Toujours la première servie à la soupe, bouts de bidoche et nonosses à volonté, alors que moi, on me mettait au régime... L'avait un panier pour pioncer et la meilleure place devant la télé... On n'étaient comme qui dirait ( refusé ! ) des cousines qui se chamaillaient mais qui s'aimaient bien quand même... J'ai eu de la peine quand elle est partie vers la grande niche aux chiens, là-haut... Qu'on sait pas trop où c'est... Je vous parlerais bien aussi du gamin... Un mâle dans la force de l'âge, toujours à sauter comme un cabri, à faire l'andouille avec la moindre mouche qui passait... L'hésitait pas le sacripant,  à nous renifler le joufflu, à faire le beau... Comme si on allait tomber sous le charme d'un paltoquet pareil... Pouvait toujours rêver... Au moindre vilain geste, il se prenait une rouste... Faut respecter la gente féminine ! qu'on lui grognait au maraud... Il est parti un matin vers d'autres aventures - parce que nous les cabots prenons le risque dans notre vie de devenir des choses qu'on refile à d'autres familles, qu'on zigouille pour un rien ou qu'on abandonne lâchement - le regard triste derrière la vitre de la cariole, mais content tout de même, parce qu'il était un éternel optimiste... Moi, j'ai versé une larme en douce et j'ai perdu l'appétit... C'était mon fiston tout de même ! Parti sans laisser d'adresse... Evaporé dans la nature... Ce que c'est que de nous...
C'est pour cela que vous me voyez aujourd'hui, les pattes dans le bouillon... C'est moi la dernière de la couvée... Je vous parlerais bien aussi de Frida qu'est belle comme un soleil... Mais vous comprendriez plus rien...

jeudi 25 mai 2017

LA VIE DES MORTS...

Les morts ont grande mémoire. Ils sont des comptables laborieux et raisonnables qui s'archivent l'un, l'autre, au cours des siècles qui passent. Ils ne faillissent pas avec l'histoire, quand les vivants, obsédés qu'ils sont, par une transmission aléatoire, l'oublient ou la travestissent selon leurs envies, leurs ambitions ou plus simplement la difficulté qu'ils ont à être ensemble... Ils - les vivants - sont la copie conforme de leur mort à venir... Ils la craignent, la sacralisent, la sanctifient sur des autels et des croix de bois, l'idolâtrent autour des bûchers de leur fatuité à croire aux Dieux incandescents..
" La personne qui me rendait le plus souvent visite dans la pluie était ma femme assassinée, Annie, qui en général se manifestait pendant un orage électrique pour m'assurer qu'elle allait bien, s'excusant toujours pour les grésillements sur la ligne. Ne vous laissez pas convaincre que la vie s'arrête là. Ils mentent. Les morts sont parmi nous. Quiconque jure le contraire, n'est jamais resté debout tard dans un orage d'été, à écouter leurs voix." James Lee Burke. Lumière du monde.
Voyez comme les morts, dans une pirouette digne de Monsieur Brassens, sèment la discorde parmi les vivants... Ils rôdent autour du feu qu'allument les écrivains, les âmes fragiles et tous les peureux qui craignent  pour leur vie,  chatouillent ceux qui les ignorent...
Rajoutez,  pour faire bonne mesure, cette tirade  du Jeannot d'Ormesson bien connu des cercles littéraires, plus morts que vivants,  " Je me désole par avance de mon absence à mes propres funérailles ".
Vous voyez,  les morts gratouillent même les " Immortels "...

Vieille galette.