" Des poêtes prétentieux parlent de la Camarde comme d'une bonne camarade de leurs soucis d'écrivaillons, de la copine créatrice qui les fascine, ou les rebute, des senteurs de feuilles mouillées dans les compostes des cimetières, de la froideur des caveaux. Toute la mouvance champignonnière des corps, et des choses en décomposition. D'autres, et non des moindres, la mettent en chanson, la couchent sur les pages des romans noirs. Sans parler de ceux qui la craignent, planquée au coin de la rue, dans le canon d'un flingot, sous la lame d'un couteau. Et les martyrs de tous poils qui l'entourent de vérités, de croyances à la mords-moi l'noeud, justement, s'habillent de croix, ou de ceintures d'explosifs pour honorer le Saigneur, et ses sbires aux ailes de plomb... Partout, on la vénère, ou on la craint, selon qu'on est du bon, ou du mauvais côté de la hache. Les morts sont tous de braves types chantait un Poète Vénéré... C'est faux. Les moribonds sont tous des cons, donnent jamais de nouvelles... ronchonne Totor le croque-mort. Un gars qui s'y connaît en matière,
de mise
en bière "
Journal Confus
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