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- Si je m'écoutais, ce qui n'est pas simple vu que je suis moitié sourd, je vous torcherais bien encore quelques balourdises de mon cru, pas cuit. Des ronchonnades comme on en fait plus, des piqures de rappel, à vous chauffer la couenne, à vous faire oublier que l'éternité n'existe pas... Le "bien-être" non plus. Toutes les salades, les nids de conneries, la résilience des peuples, que des faiseurs de tisanes, des gourous en carton, des "coachs de vie" pignons, et pognon sur rue, planqués dans les zéros salauds, vous envoient des paradis fiscaux qui croulent sous les pétro-dollars. Tout ça, c'est du vent qui ne secoue même pas mes feuilles... Le "lâcher prise", les embrassades aux arbres, les curés de jouvence, tous les ceusses qui vous posent les mains sur le derche pour vous aider à trouver la sérénité, et les autres... Priez petits Evangélistes chanteurs, Mormons de la fin du monde, Témoins que rien, et crachez au bassinet des pasteurs en or massif ! Tous dans le même bénitier des vendeurs de paradis, ou d'apocalypse dans le creux des églises, des temples, ou des yourtes mongoles... Et pis de vache, c'était bien la peine que le Grand du dessus envoie le fiston à épines qui marchait sur l'eau (Vous y croyez à une histoire pareille ?) se faire clouer sur un morceau de bois comme les chouettes du moyen-âge pour sauver (de quoi ?) les gugus que papa avait fait à son image. Avouez, y'a de quoi s'essuyer les patounes sur un tapis de prière, se secouer la nouille devant le mur entre deux versets magiques, et les papillotes de Moïse le touriste de la Mer Morte ! Salutations donc aux papounets, imans, rabbins, tondus en serviette de bain, chapeaux pointus turlututu ! Toujours je préfèrerai les histoires de soubrettes, les oeillades de la marchande des quatre saisons, ou les manières en sucre de la baronne qui se tape le garde-chasse. Ce sont les Dieux, et leurs croyances qui font de nous des tueurs en série...
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- Ne riez pas cousins ! Ne me faite pas dire ce que je répète à l'envi. Ne jamais suivre le moindre joueur de flutiau. Vous savez où ça mène les enfants ! Vous pouvez toujours vous ramollir la face avec les petits instruments qui causent tout seuls, vous envoient des images de votre fiole, points noirs, et gros tarin, sourire niais, à penser que... Pas croyable que je sois si joli (e) posé devant ce décor de mer, ces falaises d'outre-tombe, les gondoles à Venise, et le Machu Picchu, pour montrer à tous comment j'ai voyagé dans ce monde uberisé... Planté devant la maison de famille avec toute la smala endimanchée, les cousins de province, ou tenant par le bec la pintade qui fait des selfies de joueur de foot, et s'imagine qu'elle est la plus belle devant le miroir... Vous me voyez bien contrit de ne pas être dans l'album familial, entre le tonton bourré, et le Pater qu'est mort d'une glissade. J'aurais tellement aimé naître dans une roulote de gitan, avec une mère tireuse de cartes, et un père trapéziste. Posé sur le parvis d'une église, élevé par un curé de campagne, amateur de vin de messe, mais raconteur de belles histoires. Que n'ai-je pas été oublié au fond d'un couloir, dans un nid d'un aigle. Ah ! Que n'ai-je vécu bon sang entre quatorze, et quinze cent, chantait un Moustachu célèbre, que les moins de vingt ans feraient bien de connaître, ça les changerait des pouet pouet qui encombrent leurs jeunes oreilles...
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Vous allez penser que je suis un sale type. Que franchement, on ne donnerait pas un morceau de couenne au cochon qui râle du groin à tort et à travers. Je vous l'accorde. Je me fous d'être ange, ou démon. Ne reste pas en place quand je mesure la connerie ambiante, le temps qu'il me reste à rougner en me tirant les tifs. Je ne porte de jugement sur personne. Ne me mélange pas c'est tout. Je suis pas né pour aimer mes frères, et ne suis pas le seul... Tout à chacun a son puits sans fond, où il noie les chats qu'il n'aime pas... Le genre humain, comme le genre animal sont des choses mystérieuses, suspectes, mais il faut faire avec. Terminons sur une bonne impression, avant de replier les ailes du moulin. Si un jour vous me rendez visite, n'oubliez pas de prendre les patins. Je suis maniaque de la propreté des sols, des fonds de gamelles, et de tiroirs. Evitez de dessiner des zébus, des rébus à cornes, des mammouths, ou les nichons de la taulière sur les murs, et surtout refermez bien la porte de la caverne en repartant. Je ne crains pas les voleurs, mais qu'un représentant en encyclopédies merdouilleuses se pointe, ,essaye de me convaincre du goût de l'os, je ne pardonnerai rien...
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Je vous aime bien quand même... Profitez du beau temps...