Se relevant d'une sévère fluxion de poitrine, le baudet fit quelques pas dans le monde des "non fumeurs ". C'était étrange... Il ne se passait rien. Un océan de vide sans toux intempestive, sans glaviots rocailleux, ni reniflements louches au niveau du pif... Une mare sans tritons, sans glouglous pour vous faire tourner la tête, ou raccourcir le souffle qui grimpe l'escalier. On devait vite s'emmerder dans ce monde indolore, incolore, sans les petites ronces logées au fond des éponges qui vous piquent le matin au réveil, sans cette envie folle de rouler entre les doigts le vieux mégot du Grand Jacques, l'Higelin qui mourut d'une glissade, comme son compère le Grand Belge, tous les deux accros aux clous de cercueil, et aux chansons couillues...
Et la jolie couleur du tabac qui s'enflamme, le grésillement de la pipe d'opium du peuple, les brins minuscules qui s'égarent sur le paletot, font des pellicules sur le plastron entre les taches de vin, et la joie de vivre... Il faut vite penser à autre chose, se dit l'énergumène cathéchumène (?)...
Dis, Bijou, tu sais pas où j'ai mis mes cigarettes ?
Les brunes, ou les blondes ?
Qu'est-ce que je t'aime toi !!!
Bartabac.
