mardi 31 mars 2026

Ce (5)

 ... / ...

- Si je m'écoutais, ce qui n'est pas simple vu que je suis moitié sourd, je vous torcherais bien encore quelques balourdises de mon cru, pas cuit. Des ronchonnades comme on en fait plus, des piqures de rappel, à vous chauffer la couenne, à vous faire oublier que l'éternité n'existe pas... Le "bien-être" non plus. Toutes les salades, les nids de conneries, la résilience des peuples, que des faiseurs de tisanes, des gourous en carton, des "coachs de vie" pignons, et pognon sur rue, planqués dans les zéros salauds, vous envoient des paradis fiscaux qui croulent sous les pétro-dollars. Tout ça, c'est du vent qui ne secoue même pas mes feuilles... Le "lâcher prise", les embrassades aux arbres, les curés de jouvence, tous les ceusses qui vous posent les mains sur le derche pour vous aider à trouver la sérénité, et les autres... Priez petits Evangélistes chanteurs, Mormons de la fin du monde, Témoins que rien, et crachez au bassinet des pasteurs en or massif ! Tous dans le même bénitier des vendeurs de paradis, ou d'apocalypse dans le creux des églises, des temples, ou des yourtes mongoles... Et pis de vache, c'était bien la peine que le Grand du dessus envoie le fiston à épines qui marchait sur l'eau (Vous y croyez à une histoire pareille ?) se faire clouer sur un morceau de bois comme les chouettes du moyen-âge pour sauver (de quoi ?) les gugus que papa avait fait à son image. Avouez, y'a de quoi s'essuyer les patounes sur un tapis de prière, se secouer la nouille devant le mur entre deux versets magiques, et les papillotes de Moïse le touriste de la Mer Morte ! Salutations donc aux papounets, imans, rabbins, tondus en serviette de bain, chapeaux pointus turlututu ! Toujours je préfèrerai les histoires de soubrettes, les oeillades de la marchande des quatre saisons, ou les manières en sucre de la baronne qui se tape le garde-chasse. Ce sont les Dieux, et leurs croyances qui font de nous des tueurs en série...
... / ...
- Ne riez pas cousins ! Ne me faite pas dire ce que je répète à l'envi. Ne jamais suivre le moindre joueur de flutiau. Vous savez où ça mène les enfants ! Vous pouvez toujours vous ramollir la face avec les petits instruments qui causent tout seuls, vous envoient des images de votre fiole, points noirs, et gros tarin, sourire niais, à penser que... Pas croyable que je sois si joli (e) posé devant ce décor de mer, ces falaises d'outre-tombe, les gondoles à Venise, et le Machu Picchu, pour montrer à tous comment j'ai voyagé dans ce monde uberisé... Planté devant la maison de famille avec toute la smala endimanchée, les cousins de province, ou tenant par le bec la pintade qui fait des selfies de joueur de foot, et s'imagine qu'elle est la plus belle devant le miroir... Vous me voyez bien contrit de ne pas être dans l'album familial, entre le tonton bourré, et le Pater qu'est mort d'une glissade. J'aurais tellement aimé naître dans une roulote de gitan, avec une mère tireuse de cartes, et un père trapéziste. Posé sur le parvis d'une église, élevé par un curé de campagne, amateur de vin de messe, mais raconteur de belles histoires. Que n'ai-je pas été oublié au fond d'un couloir, dans un nid d'un aigle. Ah !  Que n'ai-je vécu bon sang entre quatorze, et quinze cent, chantait un Moustachu célèbre,  que les moins de vingt ans feraient bien de connaître, ça les changerait des pouet pouet qui encombrent leurs jeunes oreilles...
... / ...
Vous allez penser que je suis un sale type. Que franchement, on ne donnerait pas un morceau de couenne au cochon qui râle du groin à tort et à travers. Je vous l'accorde. Je me fous d'être ange, ou démon. Ne reste pas en place quand je mesure la connerie ambiante, le temps qu'il me reste à rougner en me tirant les tifs. Je ne porte de jugement sur personne. Ne me mélange pas c'est tout. Je suis pas né pour aimer mes frères, et ne suis pas le seul... Tout à chacun a son puits sans fond, où il noie les chats qu'il n'aime pas... Le genre humain, comme le genre animal sont des choses mystérieuses, suspectes, mais il faut faire avec. Terminons sur une bonne impression, avant de replier les ailes du moulin. Si un jour vous me rendez visite, n'oubliez pas de prendre les patins. Je suis maniaque de la propreté des sols, des fonds de gamelles, et de tiroirs. Evitez de dessiner des zébus, des rébus à cornes, des mammouths, ou les nichons de la taulière sur les murs, et surtout refermez bien la porte de la caverne en repartant. Je ne crains pas les voleurs, mais qu'un représentant en encyclopédies merdouilleuses se pointe, ,essaye de me convaincre du goût de l'os, je ne pardonnerai rien...
... / ..
Je vous aime bien quand même... Profitez du beau temps...

                                                                          


lundi 30 mars 2026

Ce... (4)

 ... / ...

- Ne me cherchez pas non plus sur les stades. Je ne suis inscrit dans aucune salle de sport, supporteur d'aucun club, fut-il celui de mon patelin. Je suis absent à la buvette, aux lotos de soutien, au financement de Pétaouchnoc. Je ne sponsorise que le vent dans les branches des arbres bouffés de scolyte. Faut couper au-dessus des racines, enlever les membres touchés par les bestioles du diable... Du coup, les rencontres de tronçonneuses, c'est ça notre sport national à nous. Ca nous fait des J.O. de déserts, des monts pelés. Des amas de branches mortes, des gugus dopés au jus de gentiane qui retroussent leurs manches pour améliorer leur score, et passer en finale... Vous ne me trouverez pas non plus autour des tapis verts, de la belote, ou du tarot, et je ne joue plus aux courtines depuis longtemps. Mes vieux parents pensaient qu'une tournée d'atout, ou un pari sur Ménopause III sur l'hippodrome de Vincennes, allaient leur rapporter un peu de caillasse pour réchauffer la gamelle. Je les vois encore les dimanches à feuilleter les journaux, à poinçonner les tickets gagnants, puis à tout foutre à la poubelle parce que les cannassons faisaient faux bond... Mauvais joueurs, pronostics à la noix, pas de martingale qui fait trembler le casino.... Frères humains, vous qui jouez, n'ayez contre nous... Ouvrez vos manuels à la page V si vous ne comprenez pas...
- C'est comme cette histoire de saisons. J'en ai vu passer un nombre incalculable depuis qu'on m'a coupé le cordon, mais j'entends qu'il n'y a guère que celles d'Antonio (1678/1741) le Vivaldi des ascenseurs, des cabinets d'assurances, des salles d'attente des toubibs mélomanes, ou des salons parfumés des merlans, qu tiennent la route. Pensez ! Quatre saisons ! Rien de plus simple à mettre en musique ! Il s'est pas foulé le gars... Le Tonio a pondu sûrement les premiers tubes planétaires, number one au Hit-parade des siècles à venir, plus que My Way, ou Yesterday, qui sont pourtant des machines à pognon... Tous les orchestres du monde, les fanfares du kiosque à musique, ont tapé dans le Printemps, ou l'Hiver du bonhomme, comme ils ont dansé le Boléro à Momo, écrit à Elise, ou valsé sur les rombières embagousées de l'opéra de Vienne... Ca fait un sacré boucan qui nous casse les oreilles depuis l'invention du cornet à piston... 
Je dois me résoudre, avec une certaine mauvais foi, et pour faire plaisir aux lecteurs atrabilaires, mauvais coucheurs, à conchier (un peu) la musique d'aujourd'hui, et les sérénade d'hier, par pure ronchonnade. Il n'est pas question de remettre les grenouilles dans la mare quand on les a tellement aimées (les grenouilles) en persillade... C'est bien la chose musicale qui m'a aidé à tenir debout pendant tout ce tango. Qu'il pleuve, qu'il vente, à la plage, ou aux cabinets, jamais je n'ai rechigné à mettre les tsf, les platines, les concerts, les symphonies, gavottes, chansons, ou poésies en route pour danser la java. J'en ai de ces souvenirs qui font rigoler les jeunots gavés de blagues numériques siliconées, de rappeures enroués, ou du sirop des pépètes qui secouent leurs miches sur les tic, et toc... Je suis plus assez agile pour de telles cabrioles. Regrette tout l'attirail des années qui faisaient chauffer Marcel, mettaient le feu aux poudres des minots de l'An II, et deviendraient les momies enfouies dans le crâne des tondus de la feuille... C'est bien le XXe qui nous amena un tombereau de partoches à faire pâlir les Grands Anciens. Qu'il en soit remercié... 
... / ...


dimanche 29 mars 2026

                                                                       Plus le temps passe
                                                                       plus l'on devient
                                                                       précieux...                                                   

samedi 28 mars 2026

 Le proverbe a raison,
 " Tant va la cruche à l'eau,
    qu'à la fin
    je suis propre "

vendredi 27 mars 2026

Ce... (3)

 ... / ..

- J'ai bien du mal à me foutre en rogne ce matin.
  Pourtant, c'est pas les occasions qui manquent...
... / ...



jeudi 26 mars 2026

Ce...(2)

 ... / ...

- Tant pis pour les âmes sensibles.
  Je n'ai pas le souvenir d'être tombé amoureux d'un roman de gare. Ces pelures où la femme de ménage soupire devant sa serpillière en attendant que le fils du Baron vienne la trousser avec son violon d'ingre, ou sa flute enchantée. Pas plus que je n'émarge sur la liste des coeurs brisés, des regrets éternels, ou des Cupidons d'opérette qui miaulent sous le balcon de la donzelle du huitième... Aujourd'hui, que j'ai passé l'âge des fredaines, j'échange volontiers mes amours d'antan contre un plat de lentilles... Tant pis pour le poète... Roméo est-il un mâle Alfa, et mes jeux de mots sont-ils si mauvais que personne ne rigole ? M'en fous, je ronchonne... De toute façon, j'ai sauté le ruisseau. Celui qui pisse le plus loin, ce n'est plus de mon ressort... Déclare forfait pour la course aux dindons suite à une série de faux départs, de blessures mal soignées, et de poulettes bancales... Je ne me plains pas non plus... J'y vois clair dans toutes les sarabandes, les menuets, et les javas dans la sciure.
- Pareil pour les repas de famille, les réunions du syndicat, le thé à cinq heures, la tartiflette, le barbuc, ou la messe du dimanche. J'aime pas trop m'essuyer sur le paillasson des autres, trinquer avec quelqu'un qui ne me convient pas, ou me laver les pognes dans un lavabo inconnu. A chacun ses microbes... Ne m'invitez pas aux mariages, aux anniversaires, aux bat-mitsvah, pas pour moi le Grand Pardon... Aux enterrements de vie de garçons, de filles, je préfère l'air compassé des croque-morts, la carriole des pompes funèbres garée dans l'allée du cimetière, et le maccabée qui compte les grains de chapelet... Mais je ne goûte pas trop le sirop de la Camarde, c'est ballot... La promesse d'un beau voyage en Italie, d'une visite dans la plus belle ville du monde, ou d'une franche rigolade autour d'un feu de camp à chanter des trucs de scout, avec des poilus du torse, m'indiffèrent plus que l'avenir des koalas, ou des dauphins. D'ailleurs, en aparté, je déteste les dauphins, ces psychopates sympatiques, alors pas de visites au parc aquatique non plus. Je ne lancerai pas de sardines à ces connes d'otaries à cheval sur un ballon. A la rigueur, une soirée au Cabaret des Pousse-mégots, un french-cancan au Moulin. Mais là aussi, j'ai des doutes... Les joyeusetés autour d'une roteuse me foutent des crampes d'estomac, et y'a belle lurette que je ne touche plus au grisbi...
... / ...

mercredi 25 mars 2026

Cécommca...

 " Au fond de l'écriture, c'est la boiterie qui fait le rythme"...
 Nous z'y voici... Ronchon qui s'en dédie... La vilaine teigne qui me gratte l'occiput, et me fait jouer les petits canards dans la mare. 
 - Je n'aime pas que l'on empiète sur mes heures de sieste, mes nuits de labeur, le repos bien mérité d'un guerrier en fin de course. Laissez-moi mijoter tranquillement dans ma saumure, et ne prenez pas de rendez-vous en mon nom chez le merlan, le procto, l'arracheur de dents... A la rigueur, chez Madame Suzanne, la menteuse de la rue des Cheminots, où j'ai mes habitudes, à l'écouter raconter ses salades... Peut-être une partie de dés avec Mouloud, mais sans plus...
Ne venez pas non plus me tanner la couenne avec des zouaveries dans les galeries marchandes des grands magasins clinquants, des bistrots sur orbite, où l'on sert des caouas hors de prix, des jus de désintoxe au n'importe quoi, sur des tartines d'épeautre, et autres salades sans vinaigrette. Je vous préviens, je ne porterai pas votre cabas rempli des coquillettes, des rabais, et des cartes de fidélité qui font baver les ménagères en rut. Les têtes de gondoles ne m'intéressent pas plus que les caissières qui proposent des lance-pierres en promo, et soignent leur mal de vivre avec des neuroleptiques en solde.
- Sachez aussi que je ne supporte plus de grimper les chemins escarpés en bande, avec des Tamalous bavards. Sentiers qui donnent le tournis, le barda qui vous scie le dos, pire un légionnaire en campagne, pour atteindre à bout de souffle, un belvédère à la noix, la Sainte Machine posée sur son caillou qui mate dans le corsage de la vallée. Panorama grandiose sur le clocher de l'église, paumé dans les effluves dégueulasses des bouses de vache, et de la pollution des usines plastoc qui font tousser le pauvre voyageur, tandis que sa liquette lui glace les osselets, parce que bien sûr, il faudra refaire le chemin A L'ENVERS, histoire de fracasser ce qu'il reste des rotules encore en état de marche... Et y'a toujours un zinzin, un ancien des impôts, qui jacte sans cesse pour signaler que c'est vraiment un joli point de vue, qu'on  voit les monts chauves, les éoliennes qui mettent la zizanie dans le troupeau, alors que je renifle des effluves de souffre, que j'ai les poumons qui explosent sous les côtelettes... Laissez-moi tirer sur ce vieux mégot qui fait de jolis nuages, et ne m'inscrivez pas à la prochaine sortie...
... / ...
   
 

Ce (5)

 ... / ... - Si je m'écoutais, ce qui n'est pas simple vu que je suis moitié sourd, je vous torcherais bien encore quelques balourdi...