samedi 21 mars 2026

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Je gargouille des rengaines de grognements, souffle court, bave aux lèvres, et autres machins qui poussent l'air au dehors de mes éponges, à faire douter le premier de la classe du Conservatoire des Musiques Anciennes. Si mes esgourdes sont musicales, le reste du paquet, celui que l'on promène vaille que vaille dans la fosse de l'orchestre, a du mal avec le rythme des maracas des musiciens déguisés en Mariachis mexicanos qui font danser tous les macchabés du cimetière. La flute des Andes, et la grosse caisse des fanfares me cassent le dos, me font douter du crincrins des mandolines qui flottent dans les merdes de la Sérénissime... Je n'arrive plus à mettre ma vie en musique... Je suis devenu le Fantôme de l'Opéra. 




vendredi 20 mars 2026

S.T.


D'abord mettons les choses au poing.
J'ai encore toutes les musiques dans les oreilles. Les sonneries des réveils, le son des tambours, les battements de coeur, et les soubresauts de braguettes sont inscrits sur l'almanach grivois, et le calendrier de tous les saints, et saintes depuis le début de la création. Les tam-tams du début, les cris de singe poussés parce que couches sales, et compagnie. Les piaulements de moineau parce que jolie maman, les soupirs de rhino parce que t'es la plus belle. Toute la ménagerie des sons, et lumière, pirouettes, et cascades s'engouffrent, se répandent comme lave de volcan, ruisseaux guillerets, bave de crapaud, et larmes de crocodile. Je ne suis jamais avare d'émotions à remettre sur le métier, savoir s'il existe vraiment (le métier). Je note, je coche, je bafouille au cas où j'aurais des comptes à rendre au guignol du dessus, ou du dessous, selon que la pièce tombera sur pile, ou face. Je connais des adresses d'anciens chenapans. J'ai des listes de cousins de provinces, de promesses jamais tenues. Le bruit de la mer, la cour d'école, la couleur des ciels, les éclairs au chocolat, vanille, tout ça en vrac, quand je déplie la carcasse au pied du pucier, quand j'ouvre un oeil, et me rince le dos avec la pierre ponce.
Plumages, et grattages, font bon ménage dans ma boite à cirage.
Et ce n'est pas le rimailleur de service qui dira le contraire.
J'aimerais tant pouvoir ranger les photos des copains, les cahiers d'écoliers, les plumes au chapeau, les tu te souviens Barbara, bien à l'abri dans un coffiot inviolable, à n'ouvrir qu'en cas de décès, ou d'absence prolongée. Savoir comment mettre la poussière sous les tapis sans qu'ils s'envolent (les tapis), que je reste souvent à me demander pourquoi tant de roucoulades me sont passées sous le nez. Pourquoi, je n'ai jamais réussi à chanter "juste" dans la chorale ? J'aurais fait une basse correcte avec ma voix de fumeur, tout en haut de la scène, statue de Commandeur au-dessus des castrats, droit dans ma barbe de centaure... Mais non. J'arrive juste à sortir de ma bouche des clapotis de grenouille, des paroles de menteur... Les croassements de crapaud en rut...
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jeudi 19 mars 2026

Sale type

 Permettez que je m'insurge ! Qu'encore une fois, je fasse mon sale type énervé comme un pou sur la tonsure d'un cathéchumène que les énergumènes apprécient à juste titre. Je ne vois guère que des ronchonnades d'un autre âge pour me sortir du trou... Et si je rajoute un peu de mauvaise foi, pour corser la sauce, c'est que vraiment je me sens pousser une tignasse de vilain, les serpents sur la tête de l'autre déesse à la noix dont j'ai oublié le nom, ce qui m'importe peu, Tonnerre de Zeus ! Et bien malin celui, ou celle qui saura remettre en place les crins qui partent dans tous les sens. Me voilà donc contraint de peinturer (?)  quelques pochades, pour éviter de finir en rade, comme les salades de l'escargot, le gluant tout chaud, qui à coup sûr finira en persillade dans l'assiette d'un satisfait des derniers résultats des élections. 
Auprès de mon arbre, je fais amande honorable devant l'étalage moisi qui encombre les urnes...
A plus tard sur le ring.

 

mardi 17 mars 2026

                                                                            Quand on n'y pense
                                                                            et tant pis pour les 
                                                                            poëtes, les rëveurs,
                                                                            la nuit, le jour, c'est
                                                                            pas grand-chose...
                                                                            Juste la terre qui
                                                                            tourne.
Jean Bombeur
revenu des Enfers.

dimanche 15 mars 2026

 Vous le (la) verrez parfois, interdit au milieu du parc, planté (e) devant le kiosque, comme si la musique allait sortir d'un coup de baguette du chef de la fanfare, à regarder le tourniquet aux enfants sages, et les figurines interdites aux plus de cinq ans. On dirait qu'il rêve, qu'il a l'esprit ailleurs, mais non... Il est seulement perdu, en vertige, en équilibre instable sur ses deux pattes, à se demander ce qu'il fait là, pourquoi les arbres ont perdu leurs feuilles si tôt, comment s'en retourner d'où il vient sans se faire bigorner par les carrioles qui passent sans lui prêter attention. Le Moi, n'est pas ce truc abscon dont nous rebattent les philosophes des cavernes. C'est lui. C'est elle. C'est eux, c'est vous... C'est la sève juvénile, ou les ronces du vieillard. La force, la faiblesse, la joie, ou la tristesse. C'est des regards qui se croisent, des mains qui se serrent, des lèvres qui gercent, des bruits d'alcôve, des bagarres de poulailler, ou des pianos qui jouent quand tombent les bombes. Un voyageur de passage qui raconte que "moi, je..." Peut-être des larmes qui s'apitoient sur le mauvais sort, ou un grand rire de soudard revenu de campagne. Si les histoires n'avaient pas l'épaissseur d'une feuille de papier à cigarette, si elles prenaient de l'importance dans le courant d'air, et résistaient au vent mauvais, le Moi serait le plus heureux des Moi, et la petite loupiote prendrait plus de couleurs.
Amen.


samedi 14 mars 2026

MOI ?

 Voilà le type dont vous n'entendrez jamais parler. L'ombre portée qui voulait devenir lumière, et n'a été qu'une loupiote qui n'éclairait que ses pieds. C'est celui qui se raconte des histoires pour se souvenir que la vie n'est qu'un conte, une bagatelle qu'on se murmure par-devers soi pour ne pas effrayer les voisins, ou les foutre dans l'embarras. Vous le croiserez souvent, les mains pleines de machins dont il ne sait que faire. Des fariboles qui lui font la digestion difficile. Il a la menteuse agile, les mots qui sortent en chapelets de bonnes soeurs, en grappes de raisin, à se perdre souvent dans des vendanges confuses de digressions, de reculades qui lui restent dans le tonneau. On perd beaucoup de temps à soudoyer l'autre, comme si on lisait un journal à l'envers, sans rien comprendre aux informations qu'il délivre (le journal), confondant les petites annonces (cherche un autre toi), avec les avis de décès. Les prévisions météo avec les pronostics hippiques. L'autre est toujours un inconnu, une idée, une imagerie d'ombres chinoises qui dévalent sur le toboggan, avant de finir le pif dans le sable...

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