samedi 25 avril 2026

 Bartaba, et Suzanne, assis sur le muret qui longe le chemin qui mène chez Tony Truand, le vieux ferrailleur qui habite l'ancienne fabrique de pipes, Deux pigeons empâtés par l'époque, qui ne savent plus où donner de la graine, comment faire pour s'envoler plus loin que le bout de leur bec, qu'ils ont bien usé, bien renfrogné pire groin de vieux sanglier pillant les patates du champ de navets. 
 Ils groovent gentiment dans le sillon, parlent de choses, et d'autres, pour parler d'autre chose. Papotent, comme jadis, les bignoles quand elles descendaient les poubelles. Aujourd'hui, il n'y a plus de bignoles, et les poubelles ne traînent plus le long des trottoirs. Sauf quand les éboueurs sont en grève, mais par chez nous, il n'y a plus d'éboueurs... Rien que des employés municipaux, gantés, masqués, casqués, comme s'ils partaient à la guerre. Les gaspards font la gueule, plus le moindre reste à se mettre sous la dent.
 Tout fout le camp, ronchonne Bartaba, en jetant son mégot sous la patte d'un caniche qui passe.
 T'as raison, renchérit Suzanne... Viens on va voir plus loin, si l'herbe est plus tendre...
 Mais y'a plus d'herbe... Rien que du gazon synthétique venu de pays lointains, imbéciles où jamais il ne pleut.
Samedi Vaudou.

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