dimanche 26 avril 2026

 Faut bien l'admettre, je suis un mâle blanc, vacciné au jus de poireaux, pommes de terre, et vin rouge, qui font les yeux doux dans le bouillon du gros Bruno.Un goujat mal dégrossi, pas déconstruit du tout, resté planté dans son champ de navets. Compulser des grimoires, des Bagatelles, en matant depuis la fenêtre des caracos, des engeances féminines d'avant l'ère Me Too, ça m'occuperait bien les journées, si j'avais encore les yeux en face des trous. Je n'ai pas non plus les biscotos des couillons masculinistes, la barbe des hispsters, et les roustons qui vont avec. Pas plus que je n'affiche la tronche livide des bouffeurs de tofu, des amateurs de lentilles, buveurs de luzerne. Disons que je conserve (en boite) dans mes placards, les relents du XXe, quand on fumait dans les trains, ou les avions, que l'on vendait les peaux de lapins au bout d'un bâton, les politiques au bout d'une pique... Quand les tricots de corps racontaient l'histoire des marlous qui se lavaient à la fontaine, des poilus qui tenaient permanence dans les bars à Nez de boeufs, et que la bigote Yvonne voulait interdire une chanson rigolote.
 J'ai des chaussettes en tire-bouchon, des culottes qui flottent dans le gaz honteux des bouffeurs de tripes, et la tonsure d'un moinillon défroqué. Les bisons tapent de la corne, et les indiens ont foutu le camp, lassés des grandes plaines de l'enfance, où comme tout à chacun, j'ai chevauché des licornes, avalé des couleuvres...
Homo Erectus (1) 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

 Faut bien l'admettre, je suis un mâle blanc, vacciné au jus de poireaux, pommes de terre, et vin rouge, qui font les yeux doux dans le ...