Quand j'étais minot, que je rentrais mouillé pire un maillot de sportif, la baguette molle, et les yeux baissés, l'air penaud d'une poule, qui on le sait est souvent mouillée aussi pour d'autres raisons qui ne nous regardent pas, le Padre me traitait de couillon, de gibier de potence, toujours à patauger dans les flaques, à saloper mes godasses rien que pour faire chier le monde. Ces bottes sont faites pour marcher disait la chanson... Souvent, ça se terminait par un rire Tony Truand, une serviette ramassée au vol, un "Va te sécher, fils de rien ! " ou un coup de pompe dans le derche, selon l'humeur du Pater, ou le nombre d'apéros du matin...
J'aimais déjà les mots, les chanteurs à rimes, et le Comte de Monte-Cristo, et valdinguant dans les escaliers, je pensais que si Edmond Dantes se mêlait de l'affaire, le vieux allait en prendre pour son grade... Je changeais vite fait de culotte, remettait au sec les pièces du bas, et reprenais mes addictions pour les livres, et ces chevelus venus de Liverpool, ou de Londres qui me chauffaient les oreille, et mettaient mes guibolles en gambille... On annonçait un avis de tempête sur la Tamise, et ça collait bien avec mes prédictions. Je me préparais des averses de bruit, et de fureur, des orages de She loves you...
Finalement, j'ai eu une enfance heureuse...
Journal Confus.
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