lundi 30 mars 2026

Ce... (4)

 ... / ...

- Ne me cherchez pas non plus sur les stades. Je ne suis inscrit dans aucune salle de sport, supporteur d'aucun club, fut-il celui de mon patelin. Je suis absent à la buvette, aux lotos de soutien, au financement de Pétaouchnoc. Je ne sponsorise que le vent dans les branches des arbres bouffés de scolyte. Faut couper au-dessus des racines, enlever les membres touchés par les bestioles du diable... Du coup, les rencontres de tronçonneuses, c'est ça notre sport national à nous. Ca nous fait des J.O. de déserts, des monts pelés. Des amas de branches mortes, des gugus dopés au jus de gentiane qui retroussent leurs manches pour améliorer leur score, et passer en finale... Vous ne me trouverez pas non plus autour des tapis verts, de la belote, ou du tarot, et je ne joue plus aux courtines depuis longtemps. Mes vieux parents pensaient qu'une tournée d'atout, ou un pari sur Ménopause III sur l'hippodrome de Vincennes, allaient leur rapporter un peu de caillasse pour réchauffer la gamelle. Je les vois encore les dimanches à feuilleter les journaux, à poinçonner les tickets gagnants, puis à tout foutre à la poubelle parce que les cannassons faisaient faux bond... Mauvais joueurs, pronostics à la noix, pas de martingale qui fait trembler le casino.... Frères humains, vous qui jouez, n'ayez contre nous... Ouvrez vos manuels à la page V si vous ne comprenez pas...
- C'est comme cette histoire de saisons. J'en ai vu passer un nombre incalculable depuis qu'on m'a coupé le cordon, mais j'entends qu'il n'y a guère que celles d'Antonio (1678/1741) le Vivaldi des ascenseurs, des cabinets d'assurances, des salles d'attente des toubibs mélomanes, ou des salons parfumés des merlans, qu tiennent la route. Pensez ! Quatre saisons ! Rien de plus simple à mettre en musique ! Il s'est pas foulé le gars... Le Tonio a pondu sûrement les premiers tubes planétaires, number one au Hit-parade des siècles à venir, plus que My Way, ou Yesterday, qui sont pourtant des machines à pognon... Tous les orchestres du monde, les fanfares du kiosque à musique, ont tapé dans le Printemps, ou l'Hiver du bonhomme, comme ils ont dansé le Boléro à Momo, écrit à Elise, ou valsé sur les rombières embagousées de l'opéra de Vienne... Ca fait un sacré boucan qui nous casse les oreilles depuis l'invention du cornet à piston... 
Je dois me résoudre, avec une certaine mauvais foi, et pour faire plaisir aux lecteurs atrabilaires, mauvais coucheurs, à conchier (un peu) la musique d'aujourd'hui, et les sérénade d'hier, par pure ronchonnade. Il n'est pas question de remettre les grenouilles dans la mare quand on les a tellement aimées (les grenouilles) en persillade... C'est bien la chose musicale qui m'a aidé à tenir debout pendant tout ce tango. Qu'il pleuve, qu'il vente, à la plage, ou aux cabinets, jamais je n'ai rechigné à mettre les tsf, les platines, les concerts, les symphonies, gavottes, chansons, ou poésies en route pour danser la java. J'en ai de ces souvenirs qui font rigoler les jeunots gavés de blagues numériques siliconées, de rappeures enroués, ou du sirop des pépètes qui secouent leurs miches sur les tic, et toc... Je suis plus assez agile pour de telles cabrioles. Regrette tout l'attirail des années qui faisaient chauffer Marcel, mettaient le feu aux poudres des minots de l'An II, et deviendraient les momies enfouies dans le crâne des tondus de la feuille... C'est bien le XXe qui nous amena un tombereau de partoches à faire pâlir les Grands Anciens. Qu'il en soit remercié... 
... / ...


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Ce... (4)

 ... / ... - Ne me cherchez pas non plus sur les stades. Je ne suis inscrit dans aucune salle de sport, supporteur d'aucun club, fut-il ...