samedi 7 juillet 2012

AMNESIE

Alors racontez-moi...
Vous dites avoir regardé un match de tennis. Donnez moi des détails. L'endroit, le nom des joueurs, le score.
- Ça devait être en Angleterre, dans la banlieue de Londres... Pour les joueurs, j'ai pas la souvenance des noms et le résultat,  j'en sais rien... Je m'envole souvent entre deux jeux...
Parce qu'en plus vous volez...
- Non... Pas vraiment. Je saute d'une gouttière à l'autre... Vous voyez comme Cat Women ou l'Homme Araignée..  J'ai du goût pour l'esquive, les disparitions subites sans fleurs ni couronnes, j'escamote facile le lapin... Et puis n'oubliez pas les trous noirs... Les escapades dans le labyrinthe, les singuliers méandres où le veau ne retrouve plus sa vache... J'empile des choses comme des poupées russes, et soudain, pfouff... Plus rien... Sonné par la droite de Mike... Au tapis le gugus... Aux abonnés absents.. Alors, vous comprenez.. Si ! Ca me revient ! C'était du tennis sur gazon et les mecs étaient plutôt bons...
Et après ?
- Le temps s'est mis à l'orage. Ça je me souviens, parce que d'un coup l'image s'est barrée je ne sais où et quand elle est revenue, d'on ne sait où - toujours la même question - il y avait un gros tas de types à vélo qui étaient par terre, des genoux écorchés, des coudes à l'envers et les gars n'avaient pas l'air dans leur assiette... Le speaker braillait que c'était une sacrée malédiction pour le Tour ( de quoi je ne sais pas ), et que les abandons seraient nombreux... J'ai pas tout compris je dois dire... J'étais parti discuter avec Monsieur Vautrin ; Enfin, c'est surtout lui qui jacte dans ses bouquins. Il me racontait l'histoire de bidasses qui s'étaient tellement pris de gamelles sur la tronche pendant la première grande Zigouille qu'ils en revenaient complètement amnésiques... Après je ne sais plus...
Vous n'êtes pas sorti, n'avez pas donné de coups de téléphone ? Vous n'avez vu personne ?
- Ben non, je vous dis... Ou alors c'est passé en pertes et profits... Le bignou je m'en sers plus de toute façon, j'ai perdu le mode d'emploi comme celui des voyages organisés, des soirées au coin du feu, des kermesses et carnavals en tout genre...
Et bien... Ça va être coton de vous trouver un alibi... Demain, prenez des notes bon dieu !

vendredi 6 juillet 2012

CAPPADOCE

Ils sont allé chez " le turc" manger un keebab. Parce qu'il est gentil,  ( pas le keebab, le turc ! ), que ses chiottes sont très propres et pas à la ..... et que, la Cappadoce c'est vachement joli, mais c'est trop loin....


jeudi 5 juillet 2012

NOUVELLES BREVES

Saperlipopette ! J'apprends par la TSF que le Père Dodu aurait des problèmes de trèsorerie ! Que la dette lui tannerait la couenne et coincerait la machine à jambon !
Triste époque. Déjà que l'élixir de l'Abbé Soury nous manque...
A-t-on des nouvelles de la Mère Denis et du Père Lustucru ?

mercredi 4 juillet 2012

QUATRE JUILLET

Ils sont allé à la cafétéria. Ils n'avaient rien de particulier à fêter. Seulement l'envie de tremper leurs museaux dans les affaires du monde. Et quoi de mieux pour goûter la morve de l'existence que de laper dans la gamelle du peuple.. 
L'endroit se voulait con et temporain à la fois. Les couleurs pastel du mobilier contrastaient avec le vert pas vraiment vert des plantes vertes - Ne trouvez rien à redire à cette phrase, c'est un exercice de style NDL - Des énormes lampadaires chromés, astiqués comme les ratiches à Joe Starr * se demandaient ce qu'ils foutaient là à briller en pleine lumière, à chauffer la tonsure de pékins affamés, pressés d'engloutir des oeufs en meuh rette, du poisson carré et des steacks qu'avaient plus la frite depuis longtemps... A croire que le courant ne coûtait rien et que la Krise promise par le nouveau Kaiser n'affectait pas cette usine à bouffe ( vieux réac ). La queue s'allongeait comme le nez du bonhomme en bois, les couteaux coutelaient, les fourchettes fourchettaient et tiens ! Deux belettes qui font du foin pour tchatcher l'addition.. Z'ont perdues leurs tickets restau et leur abonnement à l'I Phone Company... Y'à des jours comme çà... Tu crois que tout va bien, que la vista te fait risette... Tu rigoles avec Gisèle, le tôlier vous a à la bonne, les vacances se précisent et paf ! La grosse dondon de la caisse t'engueule parce que tes billets de réduc sont périmés...
- C'est le règlement madame 
- Tu sais où je me le carre ton règlement..
Ca fleurait bon la castagne dans le maïs. Des mecs sapés comme des croque-morts, ont fait valoir leurs  badges et leurs biscottos pour remettre de l'ordre dans le troupeau et évacuer les deux cricris qui tournaient baltringues... Le manège s'est remis en marche, ça tombait bien y'avait des promos sur les lave-linges..
- Bon, je propose qu'on retourne à nos fourneaux qu'il a dit... 
On n'a plus de temps à perdre ma pauvre Huguette..
Ils sont rentrés à la cambuse, se mater " Né un Quatre Juillet " d'Oliver Stone qui leur rappelait plein de trucs de " l'ancien temps "...

* Chanteur apprécié des masses impopulaires.

lundi 2 juillet 2012

CHRONIQUE LE TEMPS

Ils sont allé à la cantine pour fêter l'anniversaire de la chienne. Il y a huit ans, la cabotte était une boule de poils qui courait partout, déchenillait les godasses et les prises électriques, pissait ou bon lui semblait avait toujours sur la truffe un sourire à rendre meilleurs les humains... C'était un foutu gadget qu'il ne fallait surtout pas laisser seul - elle couinait comme un goret, ce qui, vous le comprendrez aisément dérangeait les voisins magrhébins - Ils avaient toujours un oeil sur elle, transformés en guimauve, en pâte à choux quand elle rêvait les papattes en l'air. Ils s'engueulaient aussi, pas d'accord  sur le régime à adopter, la marque des croquettes... Les trempes à lui mettre pour qu'elle ne ravage pas le pucier... Le temps qui passait leur faisait la nique entre deux gratouillis derrière les oreilles. Elle grandirait et eux vieilliraient sans y prendre garde, attentifs qu'ils étaient à lorgner ses moindres états d'âme... 
Ils ont commandé une salade de lentilles, une saucisse-frite et un quart de tord-boyaux. Z'ont lappé leur gamelle en se regardant en chien de faience... 
Il y a huit ans, Libération titrait en Une " Un acteur nommé désir ". Ca aurait été un chien qui lève fièrement la patte, et renifle le cul des femelles, ils auraient pu l'appeler Marlon...

dimanche 1 juillet 2012

COUP DE CHALEUR

Y'a des jours où tu rêves d'être un petit gervais dans le rayon crèmerie du super-market, ou mieux carré findus dans le congel.
Ta seule crainte c'est de te retrouver dans le caddie de la ménagère, en train de fondre sous la cagnard, parce comme d'habitude, elle a mis ses clefs au fonds de son sac et qu'elle ne peut pas ouvrir le coffre.
C'est con une ménagère... Mais faut lui pardonner, elle bosse toute la semaine à l'usine, s'esquinte les doigts à trier des coques de portable, ou d'autres conneries en plastoc,  alors elle choisit pas son jour de shopping... Chaleur ou pas, les lardons faut que ça bouffe... Déjà bien heureuse d'avoir du taf... 


RUE BARBARE


 Chaque jour qui passe  est suspect de n'avoir  pas su  retenir la journée de la  veille.