samedi 12 octobre 2013

VOYAGE

Peut-être qu'il pourrait profiter des rétrécissements, des goulets et autres virolos pour ralentir un peu le rythme de la descente.. Tu sais, comme dans le Grand-Huit.... Tu remontes doucement, tu prends la grande courbe peinard avant de t'arracher les boyaux pour arriver au fond du trou, la gaufre chantilly et la pomme d'amour juste sous les naseaux... Pourrait folâtrer un peu... Cueillir la marguerite au champs comme disait Mémère... Taper le carton avec des gugus à casquette... Mais j't'en fous... C'est la vraie course à l'échalote dans l'entonnoir... Ça se bouscule, ca dérape, ça double à droite, ça joue des coudes et des arpions, ça pogote et gesticule comme dans un concert de minots tout neufs... S'est fait marcher dessus par un gros qui gueulait " Y'a pas le feu ! " - Sans doute un ex-pompier - souffleté par une vieille persuadée qu'il lorgnait son cabas, piétiné par une équipe de supporters enragés qui courraient après l'arbitre pour un pénalto refusé, griffé par un matou pelé ( les matous sont toujours pelés c'est comme ça ! ) charcuté par un garçon-boucher... Vous dire l'ambiance... Le voyage s'annonçait pas de tout repos... Lui, si content avec son pt'it sac à dos et ses pataugas... 
La suite à peut-être...

jeudi 10 octobre 2013

A POIL

Vous vous souvenez ? Mais si ! C'était l'été, on s'apprêtait à une bonne sieste à l'ombre des brochettes et de côtelettes d'agneau.. Le linge séchait comme dans une chanson de Nino...Peut-être qu'on irait se trempouiller les arpions dans la mare du bas si les bestioles arrêtaient de danser la samba autour de nos chairs à moitié cuites.. Y'avait du parasol et du transat dans l'air et le soir venu on ramassait le matos en gueulant après le petit dernier qui faisait le con dans les dernières braises....
Ce matin, ça gadouille dur dans le ciel... Va falloir se méfier des bourrasques... Ca caille et il neigeote comme on dit dans les salons qui sont pas littéraires.. S'en est fini des sarabandes estivales, va falloir renfiler tout le fourbi de l'hiver qui pointe sa hure de vieux sanglier... Il paraît même que le vaccin des vioques contre la grippe est en vente... Imper, parka, bonnet, nous revoilà épouvantail pour une saison...
Moi, je prétends qu'on était mieux à poil...

mercredi 9 octobre 2013

VOYAGE

Il y a ce type qui descend, qui chute plutôt... Qui plonge dans les abysses dirait un scribouillard patenté...  Il a coulé à pic monsieur le Commisaire dirait le témoin numéro un de l'enquête... S'est retrouvé le joufflu dans l'charbon dirait la bignole du huitième... Mais il est pas inquiet  pour deux ronds le gus... Espère seulement que le gadin final ne finira pas en carambouille... Atterrissage en douceur avec juste ce qu'il faut de brise pour vous remettre vertical... Pour faire une dernière bulle dans le parachute... Pourquoi pas un petit coup de Mozart dans les feuilles pour faire passer l'addition... Et puis, il voyage en groupe... Un tas de pékins qu'ont tous quelque chose à raconter... Lui qui d'habitude n'est pas causant, il se sent des envies de discutaille avec une minette qu'on se demande ce qu'elle fait là... Il blablate un peu en lorgnant sur les courbes girondes de la demoiselle... Même dans les pires situations, faut jamais oublier d'être voyeur... Hé ! Hé!... Et la voilà soudain qui disparaît dans une lucarne qui semble l'aspirer pendant qu'il lui tenait un discours tordu sur l'inconstance de tous ces gens qui gesticulent et se bousculent  pire que des fakirs sur des charbons ardents...
A suivre... Peut-être... 

mardi 8 octobre 2013

dimanche 6 octobre 2013

CHANSON DU DIMANCHE

Chante moi quelque chose pour enchanter le temps
Chante moi la Vie en Rose ou la Valse à Mille Temps
Les cocos de Ferrat, les larmes de Ferré
Et Bécaud qui s'en va dans les pas de Trenet.
Chante moi le Grand Jacques, les putains d'Amsterdam
Les collants des Frères Jacques, les refrains de Paname
Les gueulantes à Bruand tout au fond du Chat Noir
Les gueux les mécréants du vieux poête anar.
Chante moi ces refrains qui traînent dans nos vie
Milord, Nini Peau d' Chien, la Ballade à Sylvie
Frise moi les moustaches avec quelques bons mots
Quand le Pierrot se fâche contre tous les salauds.
Chante l'amour et le drame et le piano tout noir
Les grands yeux de la dame, chante moi l' Aigle Noir
Chante moi ces bêtises, ces tagadas tsouin tsouin
Ces chansons indécises qu'on sifflote dans le bain.
Mais ne me chante pas ces hymnes nationaux
Ces appels aux trépas, ce salut au drapeaux
Toutes ces cloches qui sonnent le tocsin
L'appel à la prière, qui chantent les sang des hommes
Leur conneries meurtrière.

samedi 5 octobre 2013

MORTELLE RANDONNEE **

J'ai laissé la fenêtre ouverte pour entendre tomber la pluie... Pour moi, c'est comme une chanson de Léonard Cohen... Apaisante et mélodieuse à la fois... Qu'importe que tu n'entendes rien au texte, l'essentiel est dans la voix, la mélopée... Le phrasé digne d'un Kaa qu'aurait abusé de Bensons, la guitare qui crisse un peu quand tu changes d'accord... C'est suffisant avec la nuit...
J'avais passé des journées difficiles, compliquées... A cogner contre des portes fermées, des verrous fermés à double tour pour éviter je ne sais quoi... Comme si nous pauvres mortels avions quelques secrets à garder... Nous ne sommes pas des pyramides que je sache... Surtout que je n'avais aucune prétention à vouloir forcer le cadenas... Pousser le loquet aurait suffi..
L'infini à portée de pognes, mais tellement loin...
J'avais emmené au bout du chemin un pauvre petit cabot qui me disait au moment de la dernière piquouse que la mort est une saloperie in-con-pressible, et que seule la vie mérite qu'on s'attarde un peu avec elle... Qu'il serait bien resté encore un pt'it peu, mais, qu'il fallait comprendre... Il était tellement fatigué... Qu'il fallait surtout pas lui en vouloir de nous faire un peu mal au fond de nos coeurs... Salut petit clebbard, nous ne t'oublierons pas...
J'écoutais les bagnoles qui miaulaient sur l'asphalte mouillé... Les claquettes et le chapeau claque de Nougaro... J'avais un bouquin de Djian à ma droite, le mégotier à ma gauche, et l'idée d'avoir  du mal à accrocher mon wagon à quelque locomotive, quelque soit sa destination.... J'étais de retour chez moi...
** Marc Behm
     Claude Miller.

 Chaque jour qui passe  est suspect de n'avoir  pas su  retenir la journée de la  veille.