vendredi 5 mai 2017

JOURNAL DU JOUR...

- On se caille les miches ! qu'elle dit la boulangère...
Et tout le magasin de se fendre la poire... La daronne fait semblant de pas comprendre... Qu'on ricane quand elle parle du temps... Que tous ces loqueteux qui l'emmerdent tôt le matin avec une baguette pas trop cuite et trois gâteaux à la crème patissière fassent les malins... Enfin on dira rien... C'est des clients... Z'ont compris la blague c'est déjà ça... Elle enfourne un sourire commercial entre deux croissants, s'affaire au four et au moulin, rend la monnaie à la vieille du troisième et pense au garçon-boucher d'en face qui rigole quand Madame Suzanne lui demande si sa saucisse est bonne...
Mauvais goût.
Editions On s'en fout.

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CARAMB'AR GOÛT ORANGE
( Le Flumen )

jeudi 4 mai 2017

TENUE DE SOIREE

D'abord y'a le cadavre d'une gosse retrouvée congelée au fin fond du pays... Ça se passe au Canada et il fait un froid de canard dans le bled... Tous les pandores sont en moumouth, pataugent dans la poudreuse en tapant des pieds et en soufflant dans leurs menottes... On se croirait dans Fargo des Cohen, le côté frapadingue en moins bien entendu... Comme dit mon jardinier, le décor est planté. D'emblée, tu te doutes qu'on va pas en rester là... Et ben.. bingo... Deux minutes après, en flânant dans une cambuse toute pourrie à la recherche d'une allumette, l'inspecteur-chef trouve un autre maccab... Comme c'est un garçon consciencieux, il appelle les renforts, le légiste, le Capitaine Haddock et profite d'un instant de répit pour trouver des indices que pas un de ces freluquets n'est capable de découvrir... On se goure de l'histoire... Y'a du tueur en série ( en français dans le texte ) là-dessous... Du flic solitaire, teigneux, inflexible, rejeté par la hiérarchie qui pense qu'à boire des coups... On se doute que le zig a des problèmes perso... Un léger penchant pour la bibine, une bergère en cavale et la conscience plus noire que celle de Louis la Brocante, que vous vous demandez ce qu'il fout là, moi aussi, rassurez-vous... C'est la règle du polar depuis Dave Robicheaux, Harry Bosch, Sam Spade, Marlow et le commandant Caplan... Y'a aussi la jeune inspectrice qui débute, qu'est maligne comme une fouine... Elle a du mal à briser la glace ( tu vas me dire au Canada, c'est normal ! ) avec le bougon, mais comme mézigue a bon coeur quand même, il lui laisse préparer les cafés, torcher ses moufflets,  et l'on peut parier qu'ils finiront pas s'entendre aux prochaines législatives ( ? ). Vous rajoutez des méchants boeuf-carottes qui enquêtent, des histoires louches du passé, des politicards véreux, des journaleux fouineurs, Depardieu en slip panthère ( tenue de soirée ) et vous z'avez de quoi faire passer les nouilles du soir...
Autrement, y'avait le débat...
Des bas et des coups bas ! me souffle Mimile l'Asticot toujours sur la brèche...
Salutations citoyennes.

mercredi 3 mai 2017

AUVERS

J'ai séjourné trois jours avec le calabrais à Auvers. S'agissait de retapisser une chambrée et de repeindre un garage au fond de la cour d'un Libanais qu'était chef de rayon chez Darty et plein aux as... Ce salaud roulait carrosse dans toute la contrée, trafiquait de vieilles bagnoles de collec et inondait le pays avec des tonnes de piments forts  qu'il croquait tout cru au petit déjeuner... Pendant qu'il refourguait deux machines à laver et une téloche, il discutait soupapes et carbu, avant de filer à Rungis récupérer un chargement d'épices venus tout droit du pays à dos de chameau...  Un sacré numéro je vous l'accorde !
Devant la fameuse église, y'avait toujours un troupeau de peintouflards ( et non pantouflards, comme le voudrait le bons sens ) du Dimanche qui rêvaient de n'avoir plus qu'une oreille et des tournesols à la boutonnière... L'ombrageux rital bougonnait après tous ces cons ( il savait pas exactement qui étaient les fameux cons, c'était un con-cept ! ) qui se garaient en double-file devant la cambuse du Bon Dieu et tourmentaient la mémoire du génie. Le rital croit aux bondieuseries, aux cierges, lance des sorts, et celui-là ne faisait pas exception à la règle... Moi j'essuyais les plâtres, lavait les pinceaux, rangeait les seaux, en me demandant pourquoi j'étais pas Bob Dylan ( Une obsession récurante chez l'Oteur. Ndlr ). Je tirais des plans sur je ne sais quelle comète, lorgnait l'échelle et la " sauterelle " qui me paraissaient  être des machins à se foutre la gueule par terre en moins de temps qu'il en fallait à Vincent pour torcher le portrait du Père Tanguy...
Le soir, après le diner ( nourris, logés qu'on était ) on biberonnait du Bourgueil dont le maraud était amateur pour faire passer les falafels épicées comme le diable que sa femme de cuisinière préparait en torchant deux mômes emmerdants comme la pluie et un chat plus hargneux que la retraite des vieux...
Longtemps... Longtemps après que les poètes ont disparus, tout ce monde n'existe plus que dans ma mémoire, mais je repense souvent aux deux tombes de Vincent et Théo recouvertes de lierre qu'on est allé voir un matin, juste avant de partir réparer le toit d'une remise chez une nana qu'était publiciste et pote avec Brigitte Bardot... Mais c'est une autre histoire bien sûr...
Journal Confus

mardi 2 mai 2017

KOSMA

1 ) Il arrive que l'on ne pense à rien... C'est déjà mieux que ne de ne pas penser du tout... Grosso modo, d'après mon buraliste, cette maxime est attribuée à Raymond Queneau. C'est quelqu'un mon buraliste... Capable de vous réciter la Supplique de mémoire en fourguant un rapido à Juju qui se voit déjà millionnaire...  J'aperçois Zazie et son ami Pierrot qui sortent du métro en disant des gros mots...
2 ) J'ai des éclats de verre dans la tête. Sans doute dûs à l'absorption massive de substances nocives, à L'Electric Lalyland ( un jour vous saurez... ), au temps mauvais, au regard triste d'un chien rencontré lors de la promenade journalière. Un " berger allemand " jadis fier et arrogant ( pas de vannes douteuses svp ! ) qui se meurt doucement....
3 ) A cause du sournois Vicomte Dupont La Teigne qui fait cuni à la cheftaine pour choper une part de string...  Pauvre mec... Pauvre Pierrot... disait le poète énervé... Tu voudrais briller sur le tabernacle de l'église, mais l'ogresse va te dévorer tout cru... Au mieux tu seras feu-follet dans le cimetière, au pire le triste Dupont La Joie de la fable...
4 ) Vous me trouver pessimiste, noir cirage.. Rassurez-vous, le reste va bien... Il mange, boit, défèque, protège ses arrières avec quelques mots,  gueule après le mauvais temps et son pt'it cheval... Tous derrière et lui devant... Il tagada tsouin tsouin en sortant du bain, sifflote une vieille rengaine de Kosma...
5 ) N'y pense même pas ! disait Lolotte, voyant le vieil obsédé lorgner ses dessous.. ( Mémoires d'une petite culotte. Editions Coquines ).
6 ) N'y pensez même pas ! Ce petit livre est épuisé depuis longtemps ( Ndlr ).

TETE A TOTO ( 5 )

- C'est que je sais pas
  dessiner les moutons... Moi...
  ( Anaïs ).

lundi 1 mai 2017

CALVA...

C'est vrai qu'avec ce plaid posé sur les épaules, je ressemble à un vieux juif marrane qui rabâche sa Torah... Déjà que je bougonne de nature...  Manque plus que les papillotes, et Sarah qui prépare le baba ganousch au fond de la cuisine...
C'est que, mes amis, la neige a encore blanchi les sommets, et que les carrioles qui arrivent en ville ressemblent à des pères noël qui se seraient gourés de saison... Les rares pékins qui s'aventurent dehors  font les manchots sur la banquise... D'ici qu'on croise un ours blanc en maraude, y'a pas lerche ! On m'apprend dans le sonotone que les vignes ont gelé, que les petits bourgeons font la gueule et que l'expression " lâche moi la grappe " revient à la mode... Comme le caleçon en molleton, les mitaines et le bonnet de rapeur ( a ne pas confondre avec le tablier de sapeur, un attribut autrement plus attrayant ! ). Le soleil a la bloblotte mes amis... La tremblote... Lui qui d'habitude fait suer le monde, vous grille côtelettes et côtes de boeuf en moins de temps qu'il n'en faut au dérèglement climatique pour transformer le grand nord en pipi de chat, le voilà tout benêt avec ses rayons qui réchauffent que dalle...
Mouloud qu'a renfilé la chapka et le burnou en poil de chameau me dit que même au bled, le chichon qu'est pourtant pas une plante difficile, qui se contente de peu et pousse à la va comme j'te pousse dans les montagnes entre trois pieds de tomates et deux orangers, hésite à mettre le bout de sa tige dehors...
- Ça va encore faire monter le prix de la barrette ! me souffle le vaurien.
Je lui rétorque in petto que si le fourbi continue, il fera disparaître les marchands de glace ( comme jadis les postes à galène, les télés à lampes, ce qui n'a rien à voir... ) et que le prix du litron risque d'atteindre des sommets... Ce qui pour des petits retraités comme nous est une calamité pire que les sauterelles qu'ont ravagé la Haute-Egypte dans des temps qu'on se rappelle même plus pourquoi...
- On va tous crever de soif ! renchérit Roro le manchot en sifflant son verre de beaujolpif...
Un doigt dans le nez et un autre à chercher un peu de monnaie pour la prochaine tournée, je me demande combien de fois avons-nous blablaté autour d'un brin de muguet, deux euros dans la poche sous un temps de merde... Sûrement depuis que l'Euro existe... Croisé ces vendeurs à la sauvette qui vous arnaquent gentiment avec la tradition, la joie du printemps qui s'en bat les escalopes, et votre dulcinée toute heureuse de fleurir son foyer,  le fameux brin accroché au corsage... Combien de fois avons-nous vu défiler les syndicats en ordre dispersé, les branquignols de Jean-Marie jeter la Pucelle dans les flammes de l'enfer accompagnée de quelques marocains noyés sous les Ponts de la Seine de l'autre poète à deux sous... Je suis mauvais coucheur par nature. Toutes les traditions me hérissent... Rien à foutre du dernier pelot du pays qui fabrique ses galoches à la main ou du joueur du flutiau qui s'égosille à souffler dans une panse de brebis. Même les Filles de joie en ballade ( hé ç hé ! ),  celles du Faubourg  Saint-Denis ou de la rue du Panier que l'on allait mater avec un ami qui n'est plus, ça me gave... Vous dire les souvenirs... Déjà qu'aujourd'hui j'écoute Ella et Louis sans rechigner, serine que Sinatra c'est pas si mal... Je trouve que pour la nostalgie ça suffit... Et puis tous ces gens qui rêvent d'une niche occupée par un chien qui mord les mollets du premier passant qu'est pas comme eux, ça me fout la trouille... Que voulez-vous on se refait pas...
Tiens Colette, remets moi un calva....

                                                                           Avouez                                                           ...