samedi 7 avril 2012

BLONDIN

Tu vois, le monde se divise en deux
catégories. Ceux qui ont un pistolet chargé,
et ceux qui creusent...
Toi, tu creuses...

vendredi 6 avril 2012

ROBERT

Maman ! Maman !
Grand-Père m'embête encore avec ses histoires de l'ancien temps !
Déjà qu'il nous tanne avec ses trucs d'indiens...

mercredi 4 avril 2012

CHRONIQUE LE TEMPS

Corne d'Auroch !*
Ils auraient pu le dire...
" Je n'aurais jamais cru qu'une femme de cinquante huit ans, mariée depuis trente huit années, puisse se mettre à faire des galipettes avec le premier venu. Alors, j'ai vendu la ferme et le bétail et je suis parti dans mon vieux ford Taunus. J'ai traversé tout le pays, donnant le nom d'un chef indien à chaque état que je traversais ".
Jim Harrison. Une odyssée américaine.
" Cliff était un bon garçon avant de partir... Depuis, ce n'est plus le même homme... "
Rosalie Thornton. Après la tuerie de West Mountain perpétrée par son fils Cliff, vétéran du Viet-Nam.
" En 1969, t'avais beau être dans les charts, donner des concerts devant des milliers de personnes, vendre des millions d'albums dans le monde, tu n'étais rien qu'un PUTAIN DE CALIFORNIEN BLANC ! "
John Fogerty.
* J'avais prévenu !



mardi 3 avril 2012

THERAPIE DE VIEUX

- Alors ? Vous l'avez trouvé comment
- Ben... Pas trop mal.. Physiquement, il a l'air en forme. J'ai trouvé qu'il avait un peu maigri...
- Il vous a parlé un peu?
- Non pas trop... Il faisait du découpage...

lundi 2 avril 2012

PREMIER AVRIL

Ah ! mes loupiaux ! Cette capacité qui habite nos amis bipèdes à sauter de flaques en flaques, à se remettre droit dans les bottes de la saison dernière avec la même banane posée sur la tronche, me sidère chaque fois. Bien sûr, ils brûlent facile ce qu'ils adoraient hier. Ils sont hypocrites, vachards, emberlificotés dans leurs cervelles de moineaux, amateurs de bidoche saignante et friands de bourricots qu'on tanne à loisir... Se gênent pas pour se foutre sur la margoulette entre eux. Se cherchent des poux dans la tête ou se caressent dans le sens du poil... " Selon que tu seras puissant ou misérable... " c'est leur adage préféré... La meilleure place de parking au plus costaud, le rab à la cantine au plus baleize... C'est dans l'ordre des choses... Faut toujours un meneur qu'ils disent à National Géomachin... " D'un Château l'Autre " qu'il nous serinait le vieux misanthrope...
Mais alors, mes aïeux... Dés que la mauvaise saison tourne casaque, dés qu'une primevère de rien du tout pointe le nez, ils oublient d'un coup les godasses crottées, la caillante et les engelures... T'as pas le temps de rallumer un clop, qu'ils ont déjà fait péter le short, les sandales et le marcel... Les pyromanes du dimanche s'activent autour du foyer et le ciel se voile de douces nuées côtelettes-merguez... Gilbert et Raymond s'arsouillent au pt'it rosé tandis que les filles papotent le balcon à l'air autour de la salade de riz... Ils s'oublient les bougres, font risette aux fourmis et à la vie qui tournicote et ripoline leur quotidien... Y'a bien encore de vieux rinocéros qui ronchonnent dans leur coin, comme quoi que... c'est pas si simple... et que... Mais qu'ils aillent se faire voir ailleurs ces empêcheurs de becqueter en rond, qu'ils restent dans leur donjon et qu'on en parle plus... 
Bon, faut bien avouer que ces temps-ci, y'a comme qui dirait péril en la demeure... Entre la quriiiise qui nous tracasse, Méluche qui nous agace, François, Nicolas et l'ami Bidasse, on se prend des suées sous le maillot. T'as beau desserré la cravate... Quand tu vois le prix de la brochette, ça te fout des angoisses pires que le résultat du premier tour...
Je suis pas sûr qu'on en reste aux accolades fraternelles... Paraît qu'on irait vers des enc.....s douloureuses, ( pour les amateurs de mots flèchés, compléter les petits points ! ). Qu'on perdrait un peu de grèce et qu'on se la jouerait asticot sous le bec des vilaines poules du cot cot 4O... Saloperie de gallinacés... C'est vous qu'on va plumer, bande de volailles comme il dit le Poutou... Un de ces soirs, vous allez voir...
N'empêche, vu ce que coûte le kilo de saucisses, le barbuc devient un luxe. A la moindre fumée qui fleure bon la graisse d'oie, toute la populace sort sur le balcon et bave à l'unisson. On signale des braquages de côtes de boeuf, des enlèvements d'ailes de poulet... On hypothèque sur la moindre merguez et le rapt de chipolatas est devenu un sport national. Le charbon de bois se négocie au noir. Des comités de défense de la grillade se forment pour protéger par avance le gigot pascal qui s'annonce bientôt... Ça risque de bastonner dans les super-markets le week-end prochain... Nous voilà revenus au quadrille des gueux... Même moi, vous me connaissez, depuis que vous lisez ma correspondance qui vous fait chavirer à chaque phrase.... A cheval sur les grands principes... Stalinien dans l'âme, ferveur défenseur de la remise en circulation de la Traban et du vin de messe, quand je pense que j'ai connu les apèros dînatoires, les plateaux de fruits de mer, le muscadet frais, le mouton grillé et le cochon de lait, ça me fait mal à une partie de mon anatomie que je ne vous citerai pas, bande d'obsédés...
On danse devant le buffet, on guette la croûte et il y a peu de chance que Mickey la partage avec Minnie... Aujourd'hui elle fait des passes pour arrondir ses faims de mois. Donald claque du bec devant Monsieur Paul Emploi qui lui demande ses papiers... Le pôvre ne sait plus comment nourrir ses neveux. Et tonton Picsou qui s'éclate dans un paradis fiscal... Je vous jure... On n'est loin des tartines de confitures... Heureusement que Fifi a une enfile avec un grossiste marocain... 


dimanche 1 avril 2012

CHRONIQUE LE TEMPS

" Corne d'Auroch*. Quand tu sors de l'enveloppe sociale, le temps n'est plus un ennemi. La cigarette dure plus longtemps, et si l'aspiration vers le vide demeure la même, tu plonges moins vite. Tu reviens de la guerre et le gazon repousse sur ta tête. Les bestioles de l'été carmagnolent autour de toi quand tu poses ton cul dans l'herbe, toujours prêtes à te pomper le sang bien sûr... C'est leur boulot.. Mais tu t'en fous, tu gesticules, moulines les bras et les gambettes. Les minutes s'échappent, et toi, tu restes dans le peloton, histoire de garder un peu de jus pour demain..Tu sers fort le guidon en grimpant la côte,  évitant de regarder en arrière... Pour un peu, tu laisserais pousser la barbe sur ta couenne. Tu reprendrais ta vieille guitare de poussière et tu irais t'asseoir autour du feu avec les autres...
Mais faut pas déconner. Pas s'imaginer que ça va durer longtemps. C'est une "offre soumise à conditions", une parenthèse, un feu d'artifice annulé pour cause de tempête prochaine. Je ne vois que la retraite pour continuer à faire le guignol dans la boule de verre en la retournant pour faire tomber la neige...Et c'est bientôt mon Léo... De l'autre côté de la rue... Je ne sais pas comment je poinçonnerai mon ticket... Comment j'arpenterai le quai... Faut sûrement faire gaffe. Tu traverses les voies, et il y a toujours une vieille loco qui traîne... Qu'est-ce que je serai devenu dans deux ans ? Dans quelle grotte j'habiterai ? En attendant, demain, fini les vacances... Je retourne au bunker... "*
* Désormais, toutes les " Chronique le Temps " commenceront par Corne d'Auroch parce que j'aime bien le nom d'Emile Miramont.
* Journal non daté.

Vieille galette.