lundi 6 juin 2022

Le diable...

 La grosse dame est heureuse. Sur la terrasse, on fête son anniversaire. Elle a mis sa jolie robe ( la grosse dame ) à fleurs qui la boudine un peu ( la robe ), et l'on voit bien que sa poitrine généreuse s'en irait bien flotter sur l'eau du lac, histoire de respirer un peu... Ca étonnerait les baigneurs, régalerait les plus vieux, étonnerait les plus jeunes, de voir cette jolie paire de lolos batifoler parmi les nénuphars tout contents, faisant la révérence devant cette apparition toute Fellinienne... On pense ce que l'on veut des méfaits du premier soleil qui plombe la caboche, mais il ouvre ( le soleil ) bien des perspectives...
Les convives au nombre de douze - ce qui est une drôle d'affaire - s'occupent activement à vider quelques roteuses encore fraîches, tirées de la glacière. Bulles glacées qui coulent dans le gosier, et appellent, sans crainte, et sans remords, des refrains tirés de la musette de Tonton Nestor, repris par toute l'assemblée, qui font ( les refrains ) swinguer le maître nageur qui s'ennuie un peu, à surveiller des petits bateaux sans ailes, et les moutons qui paissent dans le champ d'en face, qui finiront ( les moutons ) par l'endormir... On pense ce que l'on veut des moutons, des maîtres nageurs, ou des rafiots qui naviguent en pères peinards sur la grand' mare des canards, mais le swing, c'est sacré, qu'on se le dise...
A l'heure du gâteau, la grosse dame verse une larmichette sous les hourras de la famille hypocrite, qui ne pense qu'à une chose : Quand est-ce qu'on touche le magot ? Ce qui vous en conviendrez, gâche un peu cette belle journée qui s'annonçait sous les meilleurs auspices... Pourquoi faut-il que le diable se mêle de tout ? Je vous le demande... .
D'après une histoire vraie.

dimanche 5 juin 2022

 Il y a quelque part dans les archives de l'Ina, une rencontre entre G. Simenon, et F. Fellini. Les deux monstres se congratulent... Compliments, courbettes, ronds de jambes, et baise main à Giuletta, présente lors de la rencontre. Mon cher, quel talent ! dit l'un... Quelle jolie cravate ! pense l'autre, plus pragmatique... Georges est Président du Festival de Cannes, et Federico présente La Dolce Vita en compète... Sur la croisette, des berlines d'un autre âge défilent devant le Palais, où des vieux barbons se souviennent avec tendresse de la jolie Brigitte qui affolait les méduses, et les premiers paparazzis...
J'étais bien jeune en ce temps là. Les doigts dans le nez, les mains dans la braguette, ignorant tout des agapes ciné ou littéraires des deux gugus, j'étais loin de me douter que quelques années plus tard, J. L. Godard tournerait One + One, et que ma vie de morpion en serait changée à jamais... Je vous dis ça, mais je vous dis rien..
Le Merle blablateur.

samedi 4 juin 2022

Erratum.

 Aux lecteurs suspicieux ( refusé ! ) qui suivent régulièrement notre petite bagatelle ( ils sont au nombre de deux, ce qui vous en conviendrez,, n'a  rien d'une partouze autour d'un match de foutbal au Stade de France ), la Direction tient à préciser que les écrans, et le livreur de pizza, cités dans la chronique du 03/06/2022, ne sont qu'affabulations, contrepèteries, menteries, et billevesées ( refusé aussi ! ), destinées à mettre un peu de piquants sur la vieille peau d'un Oteur en mal de hérissonne...
Ici, seules la soupe au lard, l'entrecôte marchand de vin, le pâté croûte de Monsieur Vallet, les asperges façon Vatel, et la Pavlova,( recette facile sur Marmiton) sont de rigueur... Le tout accompagné de solides chopines, de libations improbables, mais si t'as l'gosier qu'une armure d'acier matelasse... Vous connaissez la chanson, noient sans vergogne les mouches dans le vinaigre (?). Foin d'écrans aguicheurs, suspects de mauvaises intentions, de technologie avancée, théorie des cordes, et autres " Einsteineries " pour venir contrarier les pattes de mouches oubliées sur des feuilles blanches ( format A4 ) par le papy vore...
La Rolande de la Crochère l'affirme. On creuse notre tombe avec nos dents. Nous confirmons ces sages paroles, en souhaitant au sinistre duo Kol et Stérol d'aller se faire pendre ailleurs...

vendredi 3 juin 2022

 Bien campés au fond du court, au réveil, ce sont les écrans qui décident, qui dictent la prochaine journée. Sitôt le barbu de trois jours sorti de son pilou pilou, ils s'ébrouent ( les écrans, le barbu au choix...), se grattent les datas, et toujours furibonds, claquent la météo du jour dans la gueule du baudet... Les nouvelles du marché aux cornichons sont garanties toutes fraîches sorties des télescripteurs satellisés comme des poux dans la tonsure du monde virtuel, où pataugent les embouteillages sur le périph, les tueurs en série, les femmes battues, et la dernière série camembert qui fait fureur chez les ados du lendemain... 
Douché par les flots des " envoyés spéciaux ", verbiage intemporel de gugus derrière un micro sur fond de Blizkreig russkof ( qui n'aura pas lieu ), ou poireautant devant un palais présidentiel en attendant le Godot de la fable, les gugus récitent leur bréviaire sous l'oeil attentif des clebards, des caméras de surveillance, et des sbires de Tartarin*... Secoué par les tweet vengeurs de la toile en charpie, les injonctions gouvernementales, et les prévisions de Madame Soubirou qui n'en mène pas large devant les déserts médicaux, l'olibrius entrevoit une sortie de secours, une alerte qui vibrionne, un spam envoyé par le Gang de la clef à mollette... Fermer le clapet à tous ces machins qui polluent l'existence, reprendre l'étude du Dictionnaire de la geste amoureuse, s'en aller voir si les petits pois sont rouges au pays des bonnes blagues... 
Bien campées dans le gourbi ambiant, les makines renâclent... Du sol ( naissance ) au plafond ( mort ) elles feront leur office, organiseront le grand bazar du XXI, et personne ne leur mettra des bâtons dans les diodes... D'ailleurs, un message, et un émoji (?) rigolard annoncent le livreur de pizza... Nous vivons une drôle d'époque...
* Les noms ont été changé.


jeudi 2 juin 2022

 " Il faut rester humble, mais ne pas se résigner " voilà ce que dit le vieux rossignol à la camarde qui lorgne sur son épaule. Ne pas bomber le torse sous le prétexte futile du privilège de l'âge qui allumerait les derniers feux d'un fanal en détresse... Vouloir être le chef de la tribu est une prétentieuse habitude que prennent souvent les dinosaures en marcel, les pères de la nation, les détenteurs du patrimoine, et autres fils de notaire qui brisent les noix des jeunes générations avec leurs conseils moralistes à deux balles, leurs lois à la noix, et leur omnipotence en carton...
Souffrez Madame, que je ne me mêle pas de toutes ces simagrées, et passez votre chemin. Oubliez le petit Sancho sur son âne, et les âmes seront bien gardées...
Arrêt minute.

Vinyl sur canapé

 Connexion particulière.

mercredi 1 juin 2022

Je les regardais passer... Le masque sur le pif, les yeux braqués sur le portable qui décomptait les macchabés, dans les hostos surchargés de déclarations édictées à l'emporte pièce par les Nimbus de la " science " et de la carabistouille... Egarés comme des garennes, cherchant le prochain centre à piquouze qui soulagerait leur trouille, sans connaître vraiment l'efficacité du traitement... Chaque ambulance croisée contenait un futur défunt, ou simplement un type qui s'était pété le bras en levant le coude, mais la psychose faisait le reste... Ils gardaient au fond de leur poches les autorisations de marcher dans les clous, à une heure précise, entre chiens et loups, sans trop s'éloigner de la niche, sous peine de finir en fourrière, sous les haros des " bons citoyens " dixit le Manu, tout ébouriffé qu'il était, de mettre tout le monde au pas... Y'a que les oies qui rigolaient dans ce défilé ! Les salles de spectacle étaient vides, comme les rayons des super markets, les vitrines fermées... Les rats ne quittaient plus le navire... Ils ne venaient simplement plus sur le pont, et je connais des capitaines qui se sont noyé de chagrin, les femmes, et le pastis d'abord, s'en était bien fini...
Faut garder les yeux bien ouvert sur le désastre, et la maison Borniole fait des promos sur les boites à dominos ! nous serinaient  le Président, et ses ouailles... C'était une drôle de république, un séisme dont les répliques menaçaient de faire tomber l'étagère où, en d'autres temps, confiants comme un môme dans sa couche, nous posions nos petites fesses, sans nous soucier des lendemains... 
Moi, je faisais le magret dans mon pot de confit... Confiné dans ma graisse, doré à point sur la broche de mes vieilles lunes, je me disais que tout cela finirait bien par passer comme un mauvais rhume, une fluxion de poitrine digne du Grand Homme... Comme eux tous, j'étais loin d'imaginer qu'après, il y aurait la guerre...
Souvenirs d'en face.

 Les forêts brulent.  Les moustiques pètent,  La grenouille météo fait le  boeuf dans la mare asséchée,  et les champignons poussent  dans l...