lundi 30 septembre 2019

La chienlit  je vous dis... Que même le Général n'y aurait pas pensé... Une vraie bagarre de clochards... Les métalleux sont arrivés pour prêter main forte à Lemmy, pendant que les vieux hippies faisaient la tortue, arrosant l'ennemi d'encens, de patchoulis et de géraniums qu'ils avaient chouré à la voisine. Les pandores affolés ont entamé l'intro de " Bohémian machin " d'une voix de fausset, assommés illico par le fan-club d'Iggy, des gus toujours moitié à poil qui montrent leurs kikis et foutent la honte à la Caissière du Grand Café si chère au vénéré Fernandel... Une horde de Walrus acclamait le Sergent Poivre et Sel, réclamant à cor et à cri le retour des Garçons sur le devant de la scène, pendant que notre Cher à Tous, profitant du désordre, bottait le cul à quelques enfants de choeur égarés dans ce troupeau de moutons noirs...
Le deuxième set n'eût jamais lieu. Les compères ramassèrent vite fait le matos au milieu du chantier ( des malandrins lorgnaient sur les cymbales à Michel ) Régis s'en retourna à ses chères études, pendant que Jean Ba ( ptiste ) et Marion, copains comme cochons, rejoignaient l'orchestre des " Gais Lurons " un band qui reprenait le répertoire de Michel Sardou sans états d'âmes... < Le rock and roll est mort > chantait Mélanie Coulet rêvant de devenir Mélissmell, quand un vieux joueur de banjo lui fit savoir qu'il fallait prendre garde... Le dragon n'est jamais tout à fait mort,  le working class héro jamais bien loin, et le tiger blues même endormi a encore de jolies griffes...
Bien à vous.

dimanche 29 septembre 2019

Marion

Au moment où Marion sort des chiottes, un peu de poudre sous le nez ( cette gamine fait tout pour énerver ces notables de parents ! ) voilà qu'une embrouille éclate au bar. On dirait que le fantôme de Lemmy Kilmister est revenu et qu'il veut en découdre avec tout le patelin... Un sale type que celui-là, qui casse les oreilles à tout le monde... Un bassiste sorti des enfers, le feu au derche et la moustache assassine... Paraît que dans une vie antérieure, il fournissait en came le pôvre Jimi... Vous dire l'engeance... Marion, jamais à court de mauvais coups, réajuste son cuir ver-de-gris, ses boots tête de mort ( ? ), s'avance vers l'énergumène qui mouline pire le type de la Mancha, et vicelarde comme le virus ebola, lui balance un coup de saton dans les valseuses à lui faire remonter les boules dans les narines... Le vilain, un peu sonné quand même, a le temps de fracasser une chopine sur le crâne d'un vieux hippie embrumé qui cherchait son troupeau de chèvres avant de partir aux fleurs... Voilà que les cerbères du service des ordres, rappliquent toutes voiles dehors, accompagnés de deux gendarmes sous-alimentés ( trop de manifs, pas assez de solde... ) et le patacaisse peut commencer... Ca swingue dans les coursives... Pourvu que ça ne dure pas cent ans... Marion cette furie, veut foutre le feu au bazar, sauver la planète, et parle de mettre ses ovocytes en pension... Vous dire la chienlit...

samedi 28 septembre 2019

Honky tonk...

A l'entr'acte - oui, il faut un entr'acte pour que ce public moitié scrofuleux, bouffi de vieux remugles et de pattes folles - puisse se reposer un peu, s'abreuver, prendre l'air en tirant sur des mégots qui ne sont plus de mise... Jean Ba ( ptiste ) tape la discute avec Michel, On commencera le second set avec " Shunshine of your love " ça fera fondre les papys... Les braves vont faire reluire leurs chicots pire à la belle époque... Faudra dire à Régis qu'il s'emballe pas... Qu'il se prenne pas pour un Clapton sous acide, j'en ai marre de ces solos qu'en finissent pas... S'il insiste, j'lui coupe le jus ! Arrive un jeunot d'à peine quarante balais, qui demande si par hasard, on pourrait pas jouer un morceau des Rolling stones, parce que son vieux père est dans la salle, que c'est son anniv, qu'il a vu plusieurs fois les Cailloux en live, et patati et patata... Jean Ba ( ptiste ) lève les yeux au ciel. S'il fallait qu'on refasse l'histoire à chaque demande des pelots, on finirait par la danse des canards... Bon... On va le faire quand même... On finira avec " Honky tonk... " grand-papa sera content.

vendredi 27 septembre 2019

actu...

La mort de Jacques Chirac est-elle une des causes du dérèglement climatique ?
Noooonn....
D'un séisme politique ?
Noooonn....
D'hommages dithyrambiques ?
Vvvoooouuuui....
Parce que, vous le savez,
" Les morts sont tous de braves types... "
Condoléances à la famille.

jeudi 26 septembre 2019

joker.

Et puis, il y a les autres... Ceux qui ne se déplacent même plus, parce que plein les rotules. Ceux qui ont un passé en surpoids, et charabiatent à longueur de temps des vieilles lunes qui n'intéressent plus personne. Ceux qu'on a rayé de la carte, qu'on ne veut plus voir, fusse ( ? )  au dernier rang de cette classe en surnombre... Ces mauvais qui seraient capables avec leurs souvenirs à la noix, leurs " Batailles d'Hernani " de casser encore quelques fauteuils, de foutre le feu aux rideaux en geulant comme des roquets " I can't get no... ".
Il faut les voir ( les entendre ), ramasser les miettes de leur vie de pain rassis, en chantonnant l'intro-piano de " Let's Spend the night... " qui - et c'est bien là son moindre mérite - vous reste dans les feuilles pire une impro du vieux Coltrane... Ceux qui pactisent avec le diable, se noircissent au jus de coton, et finissent flingués par un mari jaloux. Vous voyez de quoi je parle...
Vous les verrez parfois, en pluie et en chagrin *, la morve au pif, hanter les vide-greniers des années de braise, Lady Madonna sous le bras, à la recherche de soucoupes magiques ou de quelques pépites du Commissaire, qui fût, à sa façon, un fameux blueman... C'est aussi ça le blues... Un matin, tu n'entends plus les synthétiseurs, tu as la truffe enrhumée, et si un diablotin vient à te demander le blaze de ce type qui mourut au pied du Dakota Building, un triste jour de l'hiver 1980, tu demandes un joker...
* J.Brel peut-être...

mercredi 25 septembre 2019

< Ca va Riri,  t'as une petite mine...
+ Ouais... Je sais... Mal au caisson... Petit patapon... J'ai perdu mes potes dans un accident de belote. On battait les cartes, tranquilles et sereins comme Jules devant le Rubicon, et d'un coup, pffuiiiit ! plus personne. Disparus les baudets, corps et biens... Sans laisser d'adresse... Me suis retrouvé avec mon valet d'atout et mes deux as, tout seul comme un con... La poisse quoi... En plus, ces saligots me devaient une tournée... Bref, ça va pas fort, mon vieux Etienne...
< A la tienne !
Riri la poisse.

mardi 24 septembre 2019

bluess...

Comme si tous les blues du répertoire se donnaient la paluche dans cette ville brumeuse, désertée par " les forces vives de la nation " comme disent les polichinelles. Ce gros bourg qui compte ses restes sur les avis de décès placardés comme les sinistres < Wanted > de l'ancien monde. Oubliée ( la ville ) par Jupiter et ses licornes, rendue au silence de l'abandon, elle ronronne gentiment entre deux thés dansants et le loto annuel de l'assoc des Portos de France...
Quelques standards de Muddy, des deux King... Un rien de Chuck pour faire chauffer la soupe, et des reprises des petits blancs qui tentèrent de sauver le monde. Demandez aux Bluebrakers, ils vous raconteront... Marion, la benjamine des Guichon, invitée surprise, prend les chorus au ténor, saute sur les claviers comme une morte de faim, secouant cette tignasse que désapprouvent sa conne de mère et son brushing à deux balles. Régis s'essouffle dans des solos à rallonge, qui ravissent les vieux barbons - Il s'est cassé les dents avec Jimi, alors il s'applique le bougre, refait l'histoire avec Stan le trop méconnu ou Peter la défonce -. Les gredins dans la salle en oublient les impayés de la baraque, la réforme des retraites, les tsunamis de la vie... C'est ça le blues, tu trouves toujours plus malheureux que toi, mais quand la guitare s'envole, tu brailles comme un vieux cailloux... Comme si tu soufflais dans l'harmonica du passé...

 INTERLUDE (2)  L*))?  Comme je ne passais pas les vacances en bord de mer, que jamais je ne poserais sur la commode un galet ramené de l...