lundi 11 octobre 2021

 Je suis née le jour du Noël des chrétiens, à Kaboul, en 1999. Mon père était parti cherché une voiture pour emmener ma mère à l'hôpital, mais le couvre-feu était de rigueur, alors ma mère a accouché à la maison. J'ai grandi entre mes soeurs, et mes cousins dans l'innocence de l'enfance. Je ne connaissais rien du régime Taliban, me contentant de jouer avec des poupées de chiffon, enfermée avec ma mère, et mes soeurs, pendant que mon père purgeait une peine de prison pour avoir fumé une cigarette en public.
Quelques années plus tard, on m'a mis à l'école. J'ai appris à lire, à écrire en écoutant des musiques d'autres pays. Je sortais dans les rues encombrées de drôles de militaires qui me rendaient mes sourires, m'aidaient à traverser dans la cohue des vendeurs à la sauvette, marchands d'épices ou de cassettes vidéos. On parlait de liberté retrouvée, de nouveau souffle qui permettraient à ce grand pays d'entrer dans le monde. Je suis allé à l'université. J'ai fait des études de droit pour devenir avocate. Je suis tombée amoureuse d'un garçon, nous nous sommes fiancé, puis marié. Je pensais souvent à mes parents qui dans les années quatre-vingt n'avaient pas eu de jeunesse. Rien que la peur du lendemain, et les privations. Mon père sorti de prison, donnait des cours d'alphabétisme dans des villages reculés, pendant que ma mère ouvrait un commerce de lingerie féminine.
Et puis la guerre a recommencé. Pour des raisons que j'ignore, des tractations entre les nations qui, comme toujours, dépassent le peuple, les Talibans ont repris le pouvoir. Je crains à nouveau pour l'avenir. Je pense qu'on va nous oublier, que nous allons reculer, revenir aux temps terribles qu'ont vécu nos parents.
D'ailleurs, je ne sors plus de chez moi. Je n'exerce plus. Il n'y a plus de gens à défendre, plus de justice...
Aïda Boulemna.
D'après une histoire vraie.

dimanche 10 octobre 2021

                                                          Le rire sauve la vie.
                                                          Il la rend supportable...

Cioran.

Clin d'oeil

 

samedi 9 octobre 2021

Le procès (2)

   Dieu m'est témoin ( assisté, lui aussi, mais accompagné de tout le bataclan, et compagnie... Ca change la donne... ) que je ne cherche pas à enfumer ni le jury, ni la cour...  J'aimerais seulement que les parties si viles ( je ne parle pas de mon anatomie ) cessent de gratter là où çà me démange... Après tout, chacun ses puces... Ce n'est pas Monsieur le Procureur qui y trouvera à redire, lui que je surprends à se gratouiller les arpions sous le bureau  du prétoire... J'insulte pas... J'ai le respect de la robe, et la trouille du verdict... Plus l'âge de la savonnette sous la douche, et du numéro d'écrou. Vous me savez peureux, couard, ( les synonymes quelle affaire ! ) mais encore faudrait-il des preuves qui viennent étayer les faits... Oui, j'étais là en cet hiver de cinquante et un, à gueuler comme un putois qu'on se caillait les miches, et que, oserais-je l'avouer, j'avais déjà une petite faim... Je vais pas nier, c'était un vrai chantier... Mais après, on entre dans le sidéral, dans la grande nuit des moujiks... Tout gosse, je faisais l'acrobate sur un fil... J'ai voulu m'envoler, et paf ! Me voilà le nez dans le gazon, la tête ouverte comme un melon, des bouts de cervelle plein la pelouse... Alors, vous pensez, depuis, j'ai pas fait beaucoup de ronds dans l'eau...  Me suis appliqué à ne déranger personne, plus près du poteau feu ( quel talent ! ) que du filet de boeuf... Pour les souvenances vous repasserez !                                                  

vendredi 8 octobre 2021

Actu...

-  " Quand je suis las d'entendre les saloperies de Zemmour, j'écoute Jean Ferrat pour retrouver " ma France " qui ne mérite pas d'être ainsi abaissée "
Merci à monsieur Guy Konopnicki* d'avoir raconté l'histoire de Mnacha Tenenbaum, ouvrier juif, et français, déporté à Drancy, puis assassiné à Auschwitz en 1942. Ancien combattant des deux guerres, naturalisé, le bougre n'imaginait pas que la saleté allait le rattraper, et l'envoyer en enfer... Heureusement, un peu plus tard, le fiston, écrira quelques chansons qui, si elles ne changent rien à l'Histoire, remettront quelques pendules à l'heure.
Faut en finir avec ce zinzin fumeux, ce gugus à la petite semaine ( pas le Jean, suivez ! ). Même s'il régale les médias, et une part de ce pays qui moisit plus vite que mes cors aux pieds...
-  Roro, quand il prend la colère, il tranche dans le vif... Fait pas de détails... Quand il a vu les z'hommages rendus au joyeux gredin Bernard T., et la grève des éboueurs à Marseille, il a eu ce mot magistral :
" Tu vois qu'il m'a dit A trop fréquenter les ordures, on se rapproche des poubelles "
Sacré Roro, toujours sur la brèche...
* Marianne.


jeudi 7 octobre 2021

                                                          Quelques loupiotes éclairent
                                                          encore la salle du bal
                                                          Mais le bar est désert
                                                          pour le morceau final...

 


Connection Particulière.

 Chaque jour qui passe  est suspect de n'avoir  pas su  retenir la journée de la  veille.