vendredi 31 mars 2023

 Appelez moi Bill. C'est ce que j'ai trouvé de mieux pour voyager... Quand je dis voyager, je ne parle pas de traverser le pays d'est en ouest, ou d'aller me faire bronzer les fesses dans des iles lointaines. Ne comptez pas sur moi pour grimper dans un avion, sur un bateau, enfourcher un vélo, ou une motocyclette.  Je n'ai que deux jambes, une paire de pieds cornus, et des godasses qui dansent devant le buffet, et baillent pire Mézigue devant la chapelle Saint Vit, quand le ratichon fait ses simagrées parce que la Camarde a fait son boulot... Je fais l'impasse sur les chemins de croix, ou de compostelle, les G.R. vingt dieux que c'est pénible... Partir baluchon à l'épaule, l'aventure en bandoulière, ne me concerne pas. Je ne suis pas curieux de la haute montagne, des machu picchu, et autres belvédères qui foutent le vertige. Je ne respire pas mieux au bord de la mer. J'ai bien assez de mes propres moustiques, sans aller chercher la petite bête ailleurs. Les autochtones abrutis de traditions, et de racines, si fiers de leur luzerne, ne m'attirent guère non plus. Mes voisins de palier m'indiffèrent comme les sauts de cabri d'un monde en motion de censure (?).  Je fais dans l'immobile. Je voyage en classe éco dans des tortillards qui ferraillent, et si je change de compartiment, c'est uniquement pour regarder ailleurs... N'allez pas croire pour autant que j'ai une vie de moule sur son rocher ( et d'ailleurs que sait-on de la vie des moules ?), des allures de lamantin qui machouille en attendant le déluge. J'ai des voyages désorganisés dans la caboche, des zoom qui m'envoient aux pâquerettes, et des pâquerettes qui me poussent dans les oreilles. Ca me fait une sacrée sarabande, un drôle de rigodon dirait Ferdinand...
 Appelez moi Bill. Même si l'abus de caramels mous,  une débauche de fausses nouvelles, et la lecture assidue du Vieux Caulfield m'ont fait perdre mon flair, et prendre du poids.
C'est pour cela que dans le landerneau des gens qui craignent la pluie, on me surnomme Gros Bill.
Gros Bill.
 

jeudi 30 mars 2023

 Les mois les plus difficiles étaient ceux où l'hiver refusait de quitter ses positions. Peu enclin à faire des concessions, il menait une guerre de tranchées contre les journées plus ensoleillées, l'ouverture des terrasses, et les pelures qu'on remisait dans l'armoire. Il (l'hiver) reculait petit à petit. Pas décidé à signer une trêve, à quitter ses places fortes, il gardait des nuits froides, et des gelées matinales qui faisaient exploser les bourgeons trop vite éclos. 
 Accablés de privations, les hommes s'emmitouflaient dans l'espoir de matins sans froidure, essuyaient la morve qui coulait de leurs yeux, mouchaient leur pif, victimes des saloperies qui traînaient, entre deux pollens assassins. Les hommes sont des petites choses fragiles. Des éphémères dans la nature chaotique, et leur impudence face aux éléments n'y change rien. Les hommes ont grandi trop vite, sans prendre le temps de la patience des pierres. Ils sont devenus futiles...
 Viendraient ensuite, les mois de grosse chaleur, les mois de sècheresse, et des grands incendies; On s'inquièterait du manque d'eau, en ouvrant les fenêtres la nuit pour trouver un peu de fraîcheur. On craindrait les insectes piqueurs, les orages électriques, et il y aurait bien quelque part, des hurluberlus pour annoncer l'apocalypse... Les hommes aiment à s'inventer des peurs, des dieux qui bafouillent entre le ciel, et l'enfer... Les hommes sont de grands enfants. Etonnez-vous qu'après tout cela, ils aiment se faire la guerre dans la cour de récré, flinguer les merles chanteurs, et les amoureux des vieilles choses, histoire de clôturer le débat... Ils se révèlent pour ce qu'ils sont. Des bestioles cruelles, des péteux qui se rêvent premiers de la classe, le nez posé sur la météo qui reste instable...
Etat des lieux.

mercredi 29 mars 2023


 L'ami Droopy, le plus futé d'entre les futés, l'amoureux des chiffres, des Beatles, et de Mozza Rella la reine du pays transalpin, le défenseur inconditionnel du petit grain de sable qui fait dérailler le monde de Franz, nous l'avait fait remarquer dernièrement.1 2 3 4 5 6 était la combinaison idéale qui marquerait à jamais l'histoire de notre petit charabia. La martingale qui porterait au pinacle, et redonnerait à l'Oteur le peps nécessaire pour batttre le fer, devenu plus froid que la cote de popularité du Président auprès des zigotos qui défilent entre le Panier Fleuri, et les sanisettes de la Cathédrale. 1 2 3 4 5 6, une jolie main dans ce poker menteur...
 Les lecteurs, pourtant aussi rares que la benzine dans nos pompes, plus volatiles, et incertains que les élucubrations de L'Empreinte, voyeurs occasionnels, ou assidus, ont franchi sans coup férir, la jolie formule mathématique sans se soucier le moins du monde du théorème du club Med, de la théorie des cordes, et du nombre de manifestants entre Bastille, et Nation. Aléa jacta est aurait dit Jules Martinez, fervent défenseur des écrivaillons à petit budget, pendant que Kafka préparait sa Métamorphose...
Le Merle moqueur.

mardi 28 mars 2023

Le défi (suite)

 Vous imaginez ( allez, faites un effort !). Trois jours sans pointer le museau dehors. Trois longues journées à tourner bourrique dans des effluves de vieux mègot, et de mauvais vin. Et soudain, pire le singe en sortant de sa cage, l'envie furibarde de se glisser entre deux averses, mouiller sa vieille peau d'amphibien dans les zônes humides du marigot, là où les rombières râlent après ce temps de chien. Réaffirmer fermement devant l'assemblée de mégères, cette conviction que, les clèbards, ne sont pour rien dans le mauvais temps (le pt'it cheval à la rigueur) pas plus que les canards ne sont responsables du grand froid. La question se pose devant de telles affirmations ! Et, plus vicelard qu'un cumulo-nimbus, terminer les aventures du quadrumane de la chanson par la fameuse saillie qui fit rêver tous les puceaux de la contrée : c'est aujourd'hui que je le perds ! Jubilatoire !*
* défi relevé.


lundi 27 mars 2023

 Il pleuvait dru. J'étais trempé, et je me demandais entre trois gouttes, s'il était bien convenable de commencer un texte par Il pleuvait dru. D'autres que moi, plus talentueux, auraient écrit Il pleuvait fort. Quand j'étais minot, après chaque représentation, mon père me traitait de couillon. Souvent ça se terminait par un rire tonitruant (?), ou un formidable coup de pied au cul, c'était selon. Un uppercut qui m'envoyait aux fleurs, et qui, aujourd'hui, le ferait passer (mon père) sous les fourches caudines de la justice.
 J'aimais déjà les mots dans les livres, chez les chanteurs à rimes, et je dégustais des musiques chevelues qui mettaient en rogne la famille hypocrite de Pierrot l'arsouille que j'aimais bien aussi. Je pataugeais dans les robinets qui coulent, les trains qui se croisent, les études pour piano, et les longues jambes de Françoise qui me mettaient (les jambes) en émoi. Hardy ! Hardy ! que je pensais tout bas... Ton tour viendra... Hélas, mes projets tomberaient à l'eau. On raconte dans les milieux bien informés, que des petits britishs qui deviendraient grands, convoitaient aussi les guibolles de la Silphyde...  
J'ai évité une flaque pour sauter dans une autre, maudit ce temps de mécréant, Gene qui chantait (sous la pluie) et me suis juré de ne plus jamais écrire sous les fourches caudines, c'était triste à pleurer.
 L'averse terminée, et le soleil revenu, il était inévitable qu'un matin je glisse jubilatoire dans un prochain blabla. Un vrai défi...
L'écrivaillon.
 

dimanche 26 mars 2023

Actu.

 Perso, le changement d'heure me fait toucher l'une, sans faire bouger l'autre, comme disait l'escroc Chirac - je cite de mémoire, que les pinailleurs de la Ve viennent pas me chercher des poux - Ce gredin qui nous a bien fait marrer pendant qu'il nous enfumait... C'est bien le dernier qui nous ait fait bidonner avec sa tête de veau, sa bière, et le cul des vaches. Naïfs que nous étions, tout le monde avait fini par l'aimer ce grand couillon... Ensuite tout est allé de mal en pis (de vache ?), entre le karcher énervé, les croissants en scooter, et le divin Jupiter, ça pue la fin de banquet, quand les loufiats ramassent les miettes, et le dégueulis laissés dans les gogues de la Répu... C'est vrai que depuis René Coty, avec le temps, on a vu tomber quelques quilles. Mon préféré, restant Valy crâne d'oeuf, qui jouait de l'accordéon chez les gueux, aimait les diam's, et les camions poubelles au petit matin, avec des belles de nuit. La classe... Bon, le petit dernier n'est pas mal non plus, mais il ne nous amuse pas plus que ça...
 Quand vous ouvrez un oeil, j'ai déjà terminé ma journée, et quand je me couche, vous commencez la votre (de journée). Alors, un peu plus, un peu moins de temps à se gratter les arpions, n'empêche pas le réveil des cors (corps). .Le seul regret au demeurant, c'est que ça fait une heure de moins à rêver d'un monde meilleur, ou des frous frous divers, et variés.
 

samedi 25 mars 2023


 Ce maitn, Radio flons flons, entre deux missiles, et trois lacrymos, nous informe de la réédition de l'oeuvre de Monsieur Ray Dévisse (en français dans le texte), et de ce qui reste des Kinks bien nommés... Ca nous change de l'état de catastrophe qui règne sur ce foutu pays, de la trouille imbécile des vieux kroumirs, tous prêts à s'abriter sous un parapluie douteux  à la prochaine... Paraît même qu'un bon nombre de jeunots seraient décidés au nom du changement, à endosser les attributs de l'ordre sans la méthode. Coquin de sort ! me souffle un moustachu habitué à plus de modération. Mais revenons, à nos oignons. Ce brave Ray avec sa voix de canard enrhumé, ses "chansons" souvent au-dessus de la mêlée, ses hits enfilés comme des perles dans les années de braise, a dirigé sa "petite entreprise" d'une main de maître, et mérite bien que l'on s'acoquine encore une fois  avec nos souvenirs de vieux chauffe-eau. Le bougre, aujourd'hui, d'un âge canonique aura fait passer de belles heures à nos éruptions de minots sur le grill. Nous fêterons donc dignement les soixante années de carrière du garçon, en attendant de souffler les bougies du centenaire des fameux Rolling Stones, ces Vieux Cailloux toujours sur la brêche...

                                                                           Avouez                                                           ...