lundi 14 septembre 2015

JOURNAL CONFUS

Les gens sont remplis de confusion. C'est elle qui gère leur vie, qui les enveloppe d'une aura de poussière qui les pousse quand ils parlent, quand ils marchent, quand ils respirent à petits coups parce qu'ils viennent d'avoir peur du molosse qui leur barrait la route... Quand ils patientent chez le dentiste et oublient le code de leur Cb devant le distributeur...   Quand ils déjeunent au restaurant, vont au spectacle ou regardent une rencontre sportive avachis sur le canapé du salon.
Tel que vous me voyez, je suis prêt de la fenêtre. J'essaye de mémoriser le modèle et l'immatriculation d'un véhicule garé plus bas dans la rue déserte ce dimanche et je pense à ce type rencontré dernièrement qui m'a avoué aimer tellement Maron Brando qu'il avait appelé sa petite dernière Cheyenne. Il s'était bien sûr inquiété un peu quand la fille de l'acteur s'était pendue. Savoir si ce prénom n'était pas trop lourd à porter, mais heureusement, sa Cheyenne à lui n'avait pas été affectée par ce suicide... D'ailleurs, sa seule préoccupation cinématographique était de ressembler à Sophie Marceau encore jeune et de zoomer en boucle les chorégraphies de Stromae.  Drôle de zèbre qui parlait d'Elia Kazan, des déboires de l'acteur, des oscars refusés, de cette époque révolue,  le nez dans son verre de bière pendant que j'entrevoyais le Parrain dansant un Dernier Tango avant l'Apocalypse... La confusion vous dis-je...
GROS PLAN SUR RATANPLAN
QUI DIVAGUE...
LES YEUX DANS LE VAGUE...
SANS FAIRE DE VAGUES....

dimanche 13 septembre 2015

EN AVANT... MARCHE...

Alors, machin... Tu patauges dans le potage.. Sais plus comment tournent les aiguilles... Je t'avais prévenu, à jouer avec les marionnettes, les personnages et les gugus y'arrive un moment où ils te font un doigt les malandrins, te tordent le cou pour te mettre la tête à l'envers...  Trois jours à courir hors des sentiers battus (NDLR : Penser à créer l'Association de Défense des sentiers battus ) et hop ! De retour au bercail plus personne... Les moulins à vent tournent dans le vide et la farine te monte au nez... Tu patauges mon ami  et tu gouttes comme un vieux robinet... Z'ont tous quitté le navire en emmenant les pt'its mousses, les rats et la réserve de bonbonnes... Bras dessus, bras dessous, comme les ceusses qui reviennent de la Foire à l'Andouille après s'être bien arsouillé la glotte et le reste, ils se bidonnent en voyant leur tronche sur le générique de fin...
T'as beau lever la patte dans tous les coins, regarder sous les tapis et déraper dans le couloir, les malins te font la nique pire que des kafards en rut... Dansent la zumba autour de l'écran et renvoient l'Oteur à ses chères études, la main du zouave dans la culotte de sa soeur, histoire qu'il comprenne bien que la bagatelle ça s'improvise pas, et qu'au fond, les trublions de papier font bien ce qu'ils veulent...
T'inquiètes ! ronchonne l'Oteur... Sont quand même tous dans mon sac à vin... Et si j'interromps l'istoire, c'est que je dois consulter le gars de la mécanique et finir ma collec de cartes postales...

L'INTE...

URGE...
Quelquefois faut se convaincre... Se rendre à l'évidence... La vie c'est comme une histoire à Toto. La première fois tu rigoles, tu te bidonnes... Ah ! Elle est bien bonne celle-là ! T'en connais pas une autre ! Et puis un peu plus tard... Quand l'istoire a fait son chemin, tracé sa route...  Disons le temps de traverser la rue, de prendre un bain d'eau tiède ou quelques taloches dans la tronche, ça te fais plus tellement rire... T'as les lèvres qui gercent et le sourire en biais... Tu laisses le pt'it Bernard te la raconter encore une fois, t'esquives, tu fais semblant... parce que tu voudrais pas perdre le seul ami que t'as ou tu annonces d'un ton pet-remptoire que tu connais la fin... Que les fourberies et les pantalonnades c'est jamais qu'un ticket pour la Maison Borniol comme dit le Franc-Comtois... Qu'il faut regarder passer les trains en mâchouillant un bout de luzerne et que même si les méchants veulent ta peau, c'est pas bien grave... Tu connais l'air de la chanson et les paroles qui vont avec...
J'ai replié mes chemises en popeline, récupéré dans le coffre de l'hôtel mon flingot, mes faux-papiers et le mouchoir en dentelle de Molly que je garde précieusement et décidé de mettre les bouts... La fuite est souvent la meilleure façon d'aller de l'avant... Si je mettais un terme à cette istoire avant la chute finale, j'avais toutes les chances de finir peinard, a barboter au milieu de la mare aux canards, toutes voiles dehors vers mon hippodrome chéri où m'attendaient mes canassons adorés...
Fallait aussi que je raccommode l'istoire en lui cousant un joli H sur le col, une façon de me rabibocher avec le V de ocabulaire, lequel manquait cruellement à ma prose... C'est ce que prétendait le Général de Colombey en constatant qu'il manquait une église au bled et que, du coup, l'Histoire avec un grand H, en était toute chamboulée... T'imagines Colombey la Une Eglise ça le fait pas....
Ignace Perfide : Héros malgré lui.
Suzanne Bobinneau : Altière-ego.
Raymond le Coach : Homme de ménage au Palais des Sports.
Molly : Une copine d'enfance.
Le Verdoyant : Le voisin du dessus.
Les méchants : FN et Cie.
Le gros lard du début : David Douillet.
Double-mètres étoilé : Charles André Joseph Marie de Gaulle.
Malcom X : X.
L'infirmière : Patrick Pelloux.
Le Moustachu : Sètois 1921 - 1981.
J. Brel : Homme de la Mancha.
Catherine Langeais, Jacqueline Joubert : Spiqqerines télé.
Georges : Loufiat de pères en fils.
Pt'it Bernard :  Bernard.
La Fée Clochette : Disponible uniquement sur l'édition " Collector ".
Marchand Vins et Charbons : Voir Bougnat.
L'Oteur : Anonymous.
H : Huitième lettre de l'Alphabet. Un machin qui commence par A ( Ah! Les pti'ites femmes de Paris ! ) , finit  par Z et permet d'écrire des bêtises...
Tourné en décors naturels. Imprimé sur papier OCB. Droits disponibles dans le monde entier.
Les bénéfices sont reversés à l'A.V. Q. S. Q. ( Association des Vieux qui S'ennuient Quelquefois ).
- Tu le veux comment ton steack demande Suzanne...


samedi 12 septembre 2015

L'INTEGRALE

URGENCES
Y'avait foule aux funérailles de Raymond le vieux coach de la salle de boxe ce triste matin d'hiver... ( Pourquoi les matins d'hiver sont toujours tristes on sait pas mais c'est comme ça...  Encore un truc de scribouillard ! ). Toute une assemblée de pékins se serraient autour de la boite dans la froidure de déccembre. ( Pourquoi il caille toujours aux enterrements ? Sûrement la mort qui vous glace... Me souffle le directeur de l'info qui se prend pour Vieux Père Hugo.. ) la morve au nez, les pieds gelés avec une forte envie de vin chaud et de bouillotte qui comme vous le savez, sont l'apanage d'un hiver réussi... Nous autres, les habitués du ring, les amoureux de la savate, les souleveurs de fonte, les Cerdan en herbe et danseurs mondains, on étaient étonnés... On lui connaissait pas de famille à l'ancêtre... Jamais il nous avait parlé d'une appartenance quelconque... Le potage dans la gamelle familiale, c'était motus et bouche cousue... Y'avait guère qu'une gamine qu'on appelait Molly qui venait de temps en temps lui tirer les cartes ( J'ai prévenu C'EST DANS LE DESORDRE ! L'Oteur )... A croire qu'il était né dans un chou, qu'il avait atterri comme un parachutiste entre les cordes... Raymond, il avait le passé embrumé sous le béret, dans les nuées des Gitanes maïs qui lui pendaient au bec et si l'un de nous lui présentait un cousin qui voulait faire quelques rounds, il clignait des mirettes, et chaque fois vous répondait " Faut voir... C'est vraiment ton cousin... "
Je vous parle de ça... Y'a longtemps (Tiens ! le vl'a qui rouvre l'almanach ! Z'allez voir qui va bientôt nous retapisser sa première branlette note Suzanne dans son calepin de recettes ). C'était l'hiver soixante-cinq... Sans doute ému par la réélection du Double-mètre étoilé ou l'assassinat du nègro Malcom X, on a jamais su...  le vieux avait rendu ses gants, sa gapette et son paletot sans même attendre que le Père Noël lui mette un champion sous le sapin...
Moi, dans ces années-là, j'étais plutôt jeune, feuillu et bien membré.. Les poings au fond des poches tellement ils avaient envie d'aller torgnoler la bande de demi-sels qui pleurnichaient autour du trou, se refilaient le goupillon en pensant que la salle de boxe ferait un chouette parking ( payant ! ) quand ils toucheraient le pactole chez le notaire... Un sanguin que je retrouverais bien des siècles  plus tard emmanché dans une affaire de ballets roses... Le champs de navets était plein de cousins, cousines éloignés voir germains, de faux-frères, de tontons d'Amérique revenus exprès, de vieux chinois façon J. Brel... Catherine Langeais venue en voisine qui papotait avec Jacqueline Joubert une commère de la Tsf...  Y'avait une même un infirmière qui ronchonnait que le service public c'était comme les filles ( publiques ), fallait tapiner dur pour gagner quelques sous... ( Un enterrement, un testament, des filles publiques ! C'est pour moi renchérit le Moustachu auprès de son arbre ! ). Bref, y'avait plus de monde qu'au marché de Brive la Gaillarde ( Une bonne idée ! Je note ! Dit Qui Vous Savez ! ) et l'air embaumait le vautour repenti et le bénitier plein de pesos qu'on redistribuerait sûrement pas aux pauvres de la paroisse...
Si je repense au coach ce matin, dans mon bain moussant, c'est que Georges le larbin aux clefs d'or vient m'annoncer du ton con-passé, pincé et repassé,  qu'il emploie pour dire à Madame que ses bagages sont arrivés ou à Monsieur qu'une jeune dame demande à le voir au fumoir (Une histoire de pipe sans doute ! ricane le rimailleur... Cui-là faut que je le vire ! ) que l'on me cherche partout dans la contrée... L'istoire je vous dis...

mardi 8 septembre 2015

L'INTEGRALE

AVERTISSEMENT
Chers Lecteurs **
L'Oteur vous informe qu'à partir de maintenant et jusqu'à dorénavant, la numérotation de l'Intégrale est supprimée... Déjà qu'il s'embrouille au-delà du chiffre dix... Que les nombres pairs, impairs, les racines carrées, les trains qui se croisent, et ces foutus piquets de clôture  lui font danser la valse à l'envers, le vilain, en accord avec son rédac-chef a décidé de mettre fin au défilé...
Vous pouvez donc, présentement ( voir à partir de tout de suite pour les plus acharnés ! ) chers re-lecteurs prendre SES LOUFOQUERIES DANS LE DÉSORDRE...  Ne plus vous inquiéter de savoir où commence la page 5... Si la 9 est meilleure que la 7 ou retourner au point zéro voir si j'y suis...
Les personnages également sont appelés à disparaître, à renaître, à se mélanger dans des contorsions de boa selon l'humeur et le temps qu'il fera demain. Si vous découvrez un matin que le Verdoyant est le père naturel d'Ignace Perfide et que Molly est sa demi-soeur, ne vous étonnez pas... L'istoire suit son cours... L'apparition de la fée Clochette, d'un marchand de vins et charbons,  d'un double-mètre étoilé et d'une spiqquerine de télé ne doivent pas vous effrayer... Attachez simplement vos ceintures et priez Saint Antoine de Padoue... Bien sûr, il faut aussi compter sur Suzanne Bobinneau qui derrière ses fourneaux arbitre le match et sur le Pornographe du phonographe jamais en reste d'une canaillerie...
Et puis, comme disait mon Père en poinçonnant ses tickets de tiercé " Si on le touche dans le désordre, c'est déjà pas si mal... "
** Comme d'hab, je brûlais d'ajouter Hannibal... Voilà c'est fait.
     L'Oteur.

Vieille galette.