samedi 10 septembre 2016

CHABADA... BADA

Dites donc ! Vous voyez rien venir !
Vous sentez rien... Regards en biais, sourires en coin... Les palpitants qui battent en cadence, que j'les entends depuis mon balcon... Les synthétiseurs de la breloque qui tam-tam... Ça fleure bon la romance, le caniche à plein nez... Le tagada qui s'annonce.... Les poils qui se dressent et tout le bataclan... Ça met de l'adrénaline aux vieux pour la journée... Ça réchauffe leurs coeurs secs et moisis.
- Moi j'aime bien Beyonce, mais ma mère veut pas...
- Ouais... Mais on pourrait se voir Samedi non, après le boulot...
- Je sais pas... Faut qu'je demande à mes copines... Et pis tu sais... Mon père...
Chabada... bada... mon coeur y croit....

jeudi 8 septembre 2016

7:53

Quelques années plus tôt, ils seraient partis danser la Diguedongue, le Partaflet ( pratiqué uniquement par les couples légitimes ). Ils auraient envahi les impasses de Basse-Ville, joué des sabots, tapé en cadence sur les mélodies de Jan Bartagnole, le compositeur zélé,  le multi-instrumentiste ( spécialiste de la Flutaviole et du Bacabec ), véritable couteau suisse de la variété en vogue dans la Contrée.... Après moultes décoctions d' Oxatrice Spongieuse, moultes rataplas sur le plancher de la Grand'Place,  les libations soutenues auraient fini en casse-torgnoles avec les brise-tronches du quartier de Montfletou, des zigotos toujours prêts à faire le coup de poing au moindre regard en biais vers le tutu d'une Bas-villoise... Contrairement aux Haut-villoises qui portent capeline et chapeau mou, les demoiselles de Basse-Ville pratiquent le port du tutu pour affirmer leur différence... Celà méritait d'être mentionné. Une fois les rixes terminées, les yeux pochés soignés, ils auraient repris la gambille en partageant le ragoût de Tireblotte Cornue, toujours bienvenu après les escarmouches et les escarbilles des nuits sans sommeil...
Aujourd'hui que Basse-Ville et Montfletou ont été rasés, que les croque-bitumes et autres mange-ferrailles ont disparu  sur décision du Conseil de la Salubrité Publique, remplacés par des Cabines de Joie de vivre,  hélas inaccessibles aux trublions et autres patacaisses, il n'est pas rare de croiser un vieux gnou qui regrette le temps des agapes, des pirouettes et de la Diguedongue. Si vous tendez l'oreille, vous l'entendrez chantonner encore quelques airs de Flutaviole...
A 8:25 le vieux crapaud allume la radio. Le monde va comme il va. L'annonce du décès de Jan Bartagnole l'indiffère autant que les poils qui lui poussent dans le pif... C'est l'époque qui veut celà... Avec le temps, on s'oublie...
- N'oublie pas le dentiste et ramène moi une Carmagnole ! braille Madame Suzanne en triant ses microsillons.... 

mardi 6 septembre 2016

7:27

Quelques années plus tôt, ils seraient partis cueillir l'Oxatrice Spongieuse ( appelée aussi langue des ruisseaux ) qui facilite la digestion et se marie si bien au ragoût de Tireblotte Cornue. Sa légère amertume, son odeur de café-expresso compensant le sucré des anneaux de la dite Tireblotte mijotés dans un bouillon de Sacretère quand la lune est pleine et que les garous rôdent sur les boulevards...
Personne n'aurait jamais pensé que cette plante aux milles usages - on s'en servait pour nourrir les bêtes à corne, les taïauts d'arrêt, les bonnets d'âne... On fabriquait avec des laves-cheveux, des laves-dents. Elle entrait dans la composition des tisanes chamaniques, fleuron de l'industrie pharmaceutique, hallucinogène recommandé à tous les dérangés du barillet, et plus simplement devenue objet de consommation courante depuis la supression de la coca et des drogues de synthèse, beaucoup trop chères aux yeux du grand public toujours près de ses sous...- Personne donc n'aurait imaginé qu'un matin de septembre ( neuvième case de l'Astrogole en cours ) elle disparaitrait et deviendrait par sa rareté un mets de choix cuisiné par les toques-blanches des quartiers du Haut-Ville, là où les trottoirs s'enorgueillissent de vivre sans crottes de chiens...
A 8:13 le zébu enfile sa chapka ( le temps s'est raffraîchit ) et décide de ramasser quelques Pandores Ombrageux, qui, s'ils ne rivalisent pas avec l'Oxatrice Spongieuse au niveau des saveurs, ont le mérite de pousser sur le trottoir, ce qui facilite grandement la récolte et évite les mouvements aléatoires....
- Fais attention ! J'ai ciré l'escalier ! prévient Madame Suzanne occupée à mettre en bocaux les premières Campelotes d'hiver...

lundi 5 septembre 2016

7:45

Quelques années plus tôt, ils se seraient équipés pour s'en aller chasser la Tireblotte Cornue. Ils auraient graissé leur cornouard à piston la veille, préparé les appâts de kramer et dansé toute la nuit autour du feu en souhaitant que les Dieux se réveillent à l'heure et que les matins soient tristes et humides. La Tireblotte Cornue est un animal aquatique et pratiquant, c'est connu de tous les amateurs de ragoût... De tous ceux qui sont friands de ses anneaux farçis et des chairs tendres de ses mandibules. On raconte même que dans les îles du Milieu certaines peuplades n'hésitent pas à sucer longuement ses pustules urticantes après les avoir fait mariner dans un bouillon d'algues et de scaloperies...
Mais aujourd'hui, la Tireblotte Cornue ( connue aussi sous le nom scientifique de Caphalène Ydropique ) a disparue de nos contrées et l'Oteur accaparé par une première pluie d'automne et un nettoyage de la soute, remet à plus tard cette partie de chasse qui pourtant promettait d'être passionnante...
A 8:17, le baudet, déjà fatigué par une longue tirade,  décide d'enfiler ses bottes et d'aller pêcher le Scalapandre Organi. Une espèce bien aussi rare que la Tireblotte Cornue mais délicieuse grillée sur les braises de Feuilletou...
- Tu penseras à prendre du pain en rentrant ! - lui crie Madame Suzanne du fond des t'its coins en feuilletant les recettes d'Augustine Braillard, la seule chef capable de réussir le pâté de Pernacle, un volatile difficile à attraper aussi...

dimanche 4 septembre 2016

CHERS COUSINS ( 3 )

Une pin-up pour la rentrée ! Ne me dites pas chers cousins que je ne vous gâte pas le flair en ce début de septembre...  Que voulez-vous, j'ai décidé cette année, de consacrer toute ma scolarité à l'étude des blondes platines, des brunes piquantes et des rousses incendiaires... On ne se refait pas ! Et franchement, qu'est-ce qu'on a à braire de la capitale du Papatètoù, de l'économie de marche où les cucurbitacés font la loi...  Tandis qu'une " femme fatale " ça  mérite qu'on s'attarde un peu...
Nous somme donc rentré de ces vacances où le soleil fit griller nos derniers neurones quand des averses soudaines n'essayaient pas de nous noyer le long du canal. Papa a repris son existence de musicien virtuel et maman son élevage de Corbeaux Blancs. Philomène notre cadette a opté pour le couvent prétextant qu'après une vie dissolue, un peu de repos s'imposait... Jean Daniel, unijambiste suite à une rencontre malencontreuse avec des chiens sauvages ( voir kronique précédente ) a décidé d'entreprendre une carrière de marathonien à mi-temps ( ou à mi-jambe comme vous voulez ! ).
Quand à moi, hormis les donzelles des magazines et les calendriers pour routiers, j'espère pouvoir me lover au fond de mes pantoufles sans que personne ne se rende compte de rien. 
Bonne rentrée à vous.
P.S. Pour toute correspondance, veuillez vous adresser à ma savate droite en pose restante.

vendredi 2 septembre 2016

TRAVAIL...

Où le monde tel qu'il va.
J'ai rencontré la dame du dernier étage de la tour qui fait l'angle de la rue du Parc et de l'avenue du Lac. Elle m'a raconté que tous les week-ends, elle part dans le haut-doubs pour se reposer du boulot... Du chagrin qui l'use comme la pierre ponce sur vos panards. 
- J'me repose pas en fait... Je me change les idées... J'prends l'air avec mon " copain ". Ici enfermée toute la journée, y'a pas grand-chose à faire... Quand j'rentre du taf, y'a guère de solution...
Ouais... Mais bon... J'ai pas su trop quoi dire... 
Chacun sa peau de bête... Me susurre Madame Suzanne revenue de la plage.
Sacrée Bobinneau...
Demain, je retourne à la niche. 
J'avais mis de côté 
Un paquet d'os à ronger...

 INTERLUDE (1)  ('rsW.  J'ai laissé tomber dans ma corbeille au pied du bureau des mots incongrus. Des mouchoirs en papier à lettre,...