dimanche 12 septembre 2021

                                                          Oh mon joli fruit mûr
                                                          Ma belle désirée
                                                          A tenter l'aventure
                                                          Dans un dernier baiser
                                                          Fallait que l'on soit sûrs
                                                          De ne pas avaler
                                                          Le peu de nourriture
                                                          Qui dormait dans
                                                           Le pré.

T'as vu, moi aussi, je fais des rimes !
C'est bien, mon petit, c'est bien...
Allez dodo, maintenant...
               

VERT  BOUTEILLE...

 

samedi 11 septembre 2021

Droit de réponse...

 J'ai sous le pif une moustache qui me vient tout droit de grand-père. Un poilu qui a connu les bacchantes, les glorieuses, et les sinistres balais-brosses qui ont ravagé l'histoire. Un gars qui vécut seul la moitié de sa vie, mais qui jamais ne donna sa langue au chat... La moustache raconte-t-elle parfois la solitude ? On ne sait pas... Vercingé l'a trempait déjà dans sa soupe, avant que Monsieur Charlot, n'invente la case noire du jeu d'échec, qui ferait les mauvais jours dans l'histoire ( Charlie n'y est pour rien, vous l'aviez compris ). Elle m'est venue avec les premiers poils, et depuis, ne m'a jamais quitté... Une féminine fidèle, c'est assez rare... Bien campée sous mes narines, elle sert de gare de triage à toutes les saloperies du monde. Même le virus n'a jamais osé... C'est vous dire...
Quelquefois, devant la glace, un autre Moustachu qui défraya la chronique en son temps avec la sienne ( de moustache ) en tablier de sapeur, regarde goguenard ma timide pilosité.. Te manque plus qu'une pipe, et de savoir écrire des chansons... Tu serais parfait...
Il m'emmerde, il m'emmerde vous dis-je... 

vendredi 10 septembre 2021

 Le retour fut pire duraille... Réfléchissez un peu mes bons... Si on voulait retrouver la civilisation, remettre nos pantoufles devant BFN, digérer les zouaves, (?) et la godiche Lemoine, bref, goûter à la douce chaleur du logis, et du pâté croûte qui attend son heure, fallait bien redescendre ce que l'on avait grimpé... Les racines vicelardes nous faisaient croches-pattes, et manigances... Des branches assassines nous zébraient le dos, j'ai même pris une poutre dans l'oeil en disant du mal de nos voisins, ces malfaisants bien installés devant leur apéro qui rigolaient de la dernière blague de Castex, pendant qu'on trimait comme des gueux pour retrouver un GPS qui tienne la route (?).
Grattant furieusement ma cheville gonflée par une piqure de vérole, ou d'une tique qui prenait ses quartiers ( la pire ennemie de l'honnête promeneur ) j'ai pensé à cette écrivain (e) entendue dernièrement qui louait la " sensualité de la nature, la beauté des vieux arbres, le vent dans les herbes folles "... La drôlesse devait habiter un parc bien rangé, lustré comme la pelouse du Château, des bougainvilliers en pot sur sa terrasse, et un jardinier ( assassin en herbe, rappelons-le pour les plus jeunes ) qui boitait ( sacrée Mireille ! ) en rangeant les outils dans sa remise, pour écrire des conneries pareilles ! L'image du pauvre Emilio fuyant sous la mitraille, m'a aussi traversé l'esprit. Je l'entendais murmuré dans sa barbe : Caramba ! La pampa quelle misère ! C'est vrai que la Révolutione, c'est pas une balade de santé...
Après... Je ne sais plus... La fringale m'a chopé au dernier virage, et des entrecôtes marchand de vin ont commencé à sauter comme des cabris devant mes yeux embués de tant de sueur. J'ai vaguement entendu l'intro d'Hôtel California, une scie qui ne vous lâche plus après la première écoute. J'ai vu mon père, ma père, le p'tit Jésus dans sa crèche, et la Madone sur son promontoire qui faisait sa mijaurée devant Gabriel ( la première fake new de l'histoire ! ). J'ai trébuché devant la ligne d'arrivée, sans même lever les bras comme ce couillon de Zàtopek, et me suis juré que plus jamais je ne quitterais mon fauteuil, et mes petits verres de porto, bien alignés sur l'Etable de la Loi (?).  Mais, c'est une autre histoire, bien sûr... 
Carnets de voyage.
Le Merle Menteur.

jeudi 9 septembre 2021

 On avait décidé de poser nos fesses au bord de la rivière, histoire de récupérer de nos escapades de la veille. Peinards, le pif au soleil, et la gourde bien fraîche, on n'allait pas s'embistrouiller à lancer nos patounes dans de nouvelles aventures... Et puis, je vous rappelle, que Bebel venait de calancher, ça nous ferait de la conversation... Les malfrats du cinoche pouvaient dormir tranquilles, jamais plus, le morfalou viendrait leur mettre des mornifles...
Evidemment, y'avait bien ce sentier qui partait on ne sait où... Qui nous disait, viendrez voir par-là, vous le regretterez  pas... Pire St Véran, quand il nous bassine avec ses vaccins... Alors, on a pris nos jambes à notre cou ( pas facile,  je vous le répèterai jamais assez, comme tourner sept fois sa langue dans sa bouche...) et on y est été voir là-bas si on y était...
Mauvais pioche ! Au bout d'un kilomètre d'épines, de cailloux, de pentes, et de sous-pentes, on en avait déjà plein les pinceaux... Les souliers usés jusqu'aux genoux, les d'ssous d'bras en lambeaux, et l'idée lancinante, et pourtant bien répandue, que l'Golgotha, ça n'avait pas dû être de la tarte à grimper, même pour un gars qu'avait la foi du charbonnier... Les volatiles du coin regardaient d'un air septique ces deux ballots qui pataugeaient dans la fosse ( facile ! ), s'égaraient dans la broussaille, qui, plus salope que Pénélope, promettait un avenir en portée de chats, à ces Ulysse de bazar... A bout de souffle, et au bout du chemin, fallait se rendre à l'évidence... A moins de boire son urine, et de bouffer des racines, on n'y arriverait pas... Faire les zazous jusqu'à point d'heure, c'était pas pour nous... Surtout qu'une saleté de falaise haute comme la tour de Pise, penchée du mauvais côté, nous murmurait d'un air entendu... Viendrez, viendrez, vous le regretterez pas... Tu parles Charles ! Y'avait plus qu'à s'en retourner... Refaire la route à l'envers comme des vieux beatniks, et avancer plus loin...  Puisque, Qui n'avance pas recule, c'est écrit dans tous les bons manuels...
Carnets de voyage.

                                                                               ... / ...
 


mercredi 8 septembre 2021

 - C'est Cerise* la petite fille Bonneville qu'a repris le domaine... A la mort des parents - elle venait tout juste de se marier avec un fils Bouvard, c'est bête - z'ont décidé de retaper les cambuses avec le reste de l'héritage... Ils ont vendu des parcelles, des bois, et le grand bazar sur la place, qu'est devenu un gite... Ils n'ont gardé que les moutons que vous voyez là-bas... Elle est 'firmière à l'hôpital... Je le sais, rapport que j'ai eu la maladie... Une belle saleté qui m'a laissé sur le flanc... Même pas pu faire mon jardin c't'année... Elle passait me voir tous les jours, une brave fille, pas bégueule, gentille comme tout... Elle fait partie du conseil pourtant... Passe que, je vous le dis, y'avait du magot, chez les Bonneville. Moi qui suis de Vingt Neuf, hé oui, j'ai eu nonante deux le mois dernier, ça nous rajeunit pas... Dix ans que mon pauvre mari est parti, mais je dors bien, et je mange bien... Le docteur m'a dit de marcher un peu tous les jours, rapport à mes jambes qui me portent plus comme avant... Ou j'en étais moi ? Ha oui... Les trois frères Bonneville... Ils étaient déjà vieux quand je les ai connu... Beaux garçons... Et riches avec ça... Beaucoup de biens... Toutes les femmes les lorgnaient... Fallait voir, comme ils portaient beau, les dimanches à la messe, dans leur traction avant... Sapés comme des milords... Mais sont toujours restés célibataires, prêts de leurs sous... Quand Compote (?) la dernière de la famille, a eu Cerise avec un Perrier du Haut, ça a fait du fouin... Le Polonais ( je crois que c'était le cadet... Y buvait comme un trou ) a bien failli sortir le fusil... C'est que dans ces années-là, on rigolait pas... Pensez, fille mère... Aujourd'hui, c'est plus pareil... 
Allez, j'm'en vais messieurs, dames... J'ai assez bavardé... Non, je rentre pas à pied, j'ai ma voiture en bas...
* Les prénoms ont été changé.
Ces gens-là.

mardi 7 septembre 2021

Cinétoc

                                                          Pierrot est parti
                                                          faire le Fou ailleurs...
                                                          et nous voilà
                                                          A bout de souffle...

 Chaque jour qui passe  est suspect de n'avoir  pas su  retenir la journée de la  veille.